Unique

Sur la photo, ils doivent avoir 8 et 5 ans. Ils se serrent tous les trois, avec le sapin décoré derrière eux. Ils sourient, on sent qu’ils sont heureux, qu’ils s’aiment. Qu’ils sont unis par ce lien qui m’est étranger. Ils sont frères et soeurs.

Quand j’étais petite, on me demandait tout le temps si ça ne me manquait pas d’avoir des frères et soeurs. Je répondais que non. Parce que je ne savais pas ce que c’était. Je jouais à la Barbie et à la poupée avec mes copines et ma voisine du dessous. Pour mes anniversaires, mon père nous organisait une chasse à trésors dans la résidence où j’habitais. Je n’avais pas de frères, ni de soeurs, et je m’en fichais un peu.

Etre fille unique, ça a sûrement contribué à développer mon caractère solitaire. Ce besoin d’être seule, parfois. Mon goût pour la lecture, mon imagination débordante, mon envie d’indépendance un peu trop farouche parfois. Etre fille unique, c’est aussi devoir supporter tout un tas de clichés qui te collent un peu à la peau. Pour beaucoup, quand tu es fille unique, tu es forcément pourrie gâtée, égoïste, capricieuse. Quand on se promenait dans le quartier qui nous a vu grandir ma mère et moi, on rencontrait parfois des anciennes voisines, des connaissances. Je me souviens de ce que ma mère répondait toujours à la question « et vous n’avez qu’un enfant ?’ : « je n’ai pas qu’un enfant, j’ai un enfant ». Ca peut paraître anodin mais dans ce « qu’un », il y a tout : l’incompréhension, la curiosité. Avoir un enfant, ça paraît étrange. On se dit encore trop souvent qu’il y a quelque chose qui cloche. Alors que non. C’est juste comme ça.

On dit aussi souvent que les enfants uniques veulent à tout prix éviter d’avoir, à leur tour, un enfant unique. Pas moi. C’est juste comme ça.

Et pourtant, plus je grandis, plus je me dis que j’aurais bien aimé, quand même, avoir un frère ou une soeur. Parce que je ne serais jamais la tata de personne. Parce que j’aurais bien aimé avoir une grande soeur avec qui faire du shopping, me chamailler pour des broutilles. Un grand frère qui ferait du sport et qui m’aurait présenté ses copains. J’ai bien conscience d’avoir, sans doute, une représentation pleine de clichés de ce que ça serait d’avoir une sœur. Mais je ne sais pas ce que c’est, en vrai. Et parfois, ça me manque.

Et vous alors, quelle est votre relation avec vos frères et soeurs ? Vous aussi, vous êtes enfant unique ? Comment l’avez-vous vécu et comment le vivez-vous aujourd’hui ? 

And it feels like I’ve come home

Quelques heures de train, une valise trop lourde, l’impatience, le soleil. Sourire, se détendre, respirer. La perspective de ces deux petites semaines, cette parenthèse si attendue et si nécessaire.

Se retrouver comme si on s’était quittés la veille, retrouver cette aisance, cette complicité, ses bras. Prendre ses marques, commencer à explorer les environs. Se sentir bien dans l’appartement, avoir plein d’idées pour plus tard, des envies de déco, de plantes sur le balcon, de rideaux, de meubles pour ranger toutes nos affaires.

Se perdre dans les petites rues pavées, être un peu frustrée de ne rien comprendre et de ne pas pouvoir parler facilement, ouvrir grand les yeux.

Et puis, espérer, se préparer, pour cet entretien demain. Croiser les doigts, respirer, et adopter son attitude si confiante, si battante. Mettre les doutes au placard, et fermer à double tour.

« Quand je m’allonge par terre… »

Y a des chansons comme ça. On ne sait pas pourquoi, mais elles nous parlent. Elles nous donnent des frissons, des papillons dans le ventre, tout ce que tu veux. Mais tu les aimes de cet amour bizarre, tu sais, celui que tu ressens pour trois accords de guitare, une jolie rime, une série, une scène de film, un personnage de fiction, un roman. Tu les connais par cœur à force de les écouter, tu les chantonnes comme ça, sans raison, et tu ressens l’envie de les écouter quinze fois par jour.

Y a des albums comme ça, qui sont juste des petites pépites. Qui sont réussis de A à Z, et dont tu aimes tout, enfin presque tout. Y a que la pochette qui te fait un peu grincer des dents, mais c’est pas bien grave au fond. Ou une chanson que tu aimes un peu moins les autres, mais c’est pas bien grave non plus.

Y a des moments comme ça, où tu es dans une salle bondée. Tu attends. Le cœur battant, impatiente que les lumières s’éteignent et que ton cœur se mette à battre encore plus fort, jusqu’à ce que tu aies l’impression qu’il va s’échapper de toi. Ces moments, tu t’en souviens encore. Comme ce concert acoustique dans un théâtre parisien, les fauteuils de velours rouge, Raphaël, son vieux gilet trop grand, sa guitare, les mots, l’émotion. Comme ces concerts d’AaRON où tu te déhanches avec Simon, où tu savoures chaque seconde. Et tant d’autres moments d’abandon, de plaisir, de partage.

Y a des artistes comme ça, qu’on suit depuis longtemps, et qu’on suivra longtemps. Qui font partie de ces rares dont on achète l’album sans l’écouter, parce que c’est comme ça. Tu les aimes de cet amour là, entier, rare, qui pardonne tout ou presque.

Bande-son : Raphaël – Somnanbule <3

« Rattrape-moi par la main… »

Les mois d’absence, les heures de voyage, l’attente. Tout s’est évanoui en l’espace de quelques secondes. Il neigeait, il faisait froid, la nuit était tombée sur ce quai de gare inconnu. Mes yeux le cherchaient. Et puis, au loin, il était là. Un sourire a illuminé son visage et je l’ai vu courir, là, sur ce quai de gare avec la neige qui tourbillonnait. Je me suis jetée dans ses bras, et tout d’un coup, plus rien n’avait vraiment d’importance. Ni la distance, ni les semaines, tout ça n’était plus rien face à cet instant. Le week-end a filé vite, trop vite. Les balades dans la neige, le soleil, les chutes du Rhin, l’escapade allemande, le petit restaurant du samedi soir, l’appartement un peu vide, mais si chaleureux, tellement plein de potentiel. Lui, moi, nous, comme si on s’était quittés la veille et qu’on reprenait notre vie à deux si simple, naturelle, évidente.

Et puis, on était déjà dimanche après-midi. Les larmes, le hall de l’aéroport, cette envie de rester, de tout lâcher, ne pas rentrer. Décoller, se retrouver au-dessus des nuages, être aveuglée par le soleil. Trois semaines, et les vacances, enfin.

Reprendre le quotidien. Préparer son dossier pour un lycée français, se dire que si ça pouvait marcher, ça serait tellement parfait. Mettre les chances de son côté, peaufiner encore et encore la lettre de motivation. Croiser les doigts.

Sunshine

 

Au milieu de ce mois de janvier morose, il y a, heureusement, quelques éclaircies, quelques petits moments de bonheur grappillés ici ou là. Comme ce coucher de soleil d’hiver, le dimanche de la manifestation. Comme un symbole de la beauté, de la solennité de cette journée là. De ma fenêtre, j’ai regardé le ciel devenir rose violacé, et j’ai souri. Un moment de parenthèse simple, douce, après la semaine si difficile, âpre. Je ne me lasse pas de ces paysages quotidiens au bord de l’eau qui me manqueront. Plus que jamais, je veux continuer à apprécier ces petits plaisirs simples qui paraissent anodins à beaucoup, qui les effleurent sans qu’ils ne sachent les apprécier, les saisir, les garder comme des petits trésors.

Comme ce samedi. Le brouillard s’est dissipé, le ciel est devenu limpide. J’ai toujours aimé les journées froides et ensoleillées d’hiver. L’occasion était parfaite pour aller prendre l’air au bord de l’eau. Les écouteurs dans les oreilles pour tromper un peu la solitude qui pèse en ces journées mornes d’hiver. L’appareil photo autour du cou, le froid qui pique les joues. Sentir son esprit s’apaiser. La tension des derniers jours quitter les épaules. Rentrer au chaud, savourer un thé bien chaud et bien sucré, lovée dans le canapé.

Et puis, barrer les jours qui passent. Pas assez vite. Je n’ai jamais été patiente. Dix jours. Dix petits jours. Avant trois petits jours là-bas. Et puis le compteur reprendra à zéro. Tic, tac. Tic, tac. Les minutes passent. Les heures. Les jours. Chaque moment plus proche de notre vie qui reprendra enfin.

2015

2015. Une nouvelle année qui arrive, pleine de promesses et de possibilités. Une page blanche qui ne demande qu’à se remplir. Et puis, les éternelles résolutions. Je ne suis pas une grande fan des résolutions de nouvelle année à vrai dire, sans doute parce que j’ai toujours du mal à m’y tenir ! Plutôt que de résolutions donc, et si on parlait d’envies ? D’idées ? De projets ? 2015 sera une année à part pour moi, celle du départ, de grands changements à l’horizon. Des envies, des idées, des projets, il y en aura. Et j’ai très envie de continuer à les partager avec vous.

Parce que 2014 aura été aussi l’année où j’ai vraiment repris plaisir à écrire ici. J’aime bloguer, j’aime les échanges, les rencontres, les découvertes. Ecrire, bidouiller un peu le décor, collectionner des photos sur Pinterest qui me serviront peut-être ici, Twitter, Instagram.

En 2015, j’ai donc très envie de continuer à bloguer. Et à bloguer plus régulièrement.

En 2015, ici, j’ai envie de :

¤ parfois, des notes « humeur » plus courtes, simplement illustrées de quelques lignes, de gifs, pourquoi pas de musique ?

¤ être plus assidue dans l’atelier des Jolies Plumes. J’aime beaucoup l’idée de cet atelier d’écriture entre blogueuses, mais je reconnais que le temps (et l’inspiration) m’ont trop souvent manqué cette année et je le regrette sincèrement.

¤ répondre plus rapidement à vos commentaires !

¤ et évidemment, continuer à écrire par plaisir, sans aucune prétention aucune. A partager les petits plaisirs de la vie, des émotions, des doutes, des questions, des paysages, des sensations.

This is my winter song

J’ai toujours aimé la mer en hiver. Le vent, le bruit des vagues, s’emmitoufler dans un bonnet et sentir le soleil d’hiver réchauffer ses joues. Se sentir seule au monde ou presque. Si je devais retenir une sensation de 2014, ce serait sans doute celle là, celle de la sérénité de ces moments-là. Main dans la main, sans avoir besoin de se parler, juste être ensemble. Et la mer à portée de vue. Savourer chaque instant de nos retrouvailles sans penser à l’après, au départ qui arrive à nouveau à grand pas. Manger trop de chocolat. Se promener en ville et essayer un chapeau rouge et voir ses yeux briller. Rire. Aimer. Partager. Le temps qui file, si vite.

2014 aura été une année pleine, intense. Presque à donner le tournis. Un déménagement et une installation en commun, nos premières vacances, un PACS, et surtout, cette nouvelle aventure que nous avons décidé de tenter, partir vivre en Suisse.

2014 se termine comme elle a commencé, sa main dans la mienne. Et pourtant, nous ne sommes plus tout à fait les mêmes. Je ne suis plus tout à fait la même. Les sentiments qui mûrissent, grandissent, s’ancrent toujours plus profondément. Etre plus assurée, parfois, pas toujours, il y a encore beaucoup de travail. Apprendre à ne pas tout appréhender. Voir le positif, toujours. Faire des projets. Et ne plus avoir peur de tomber, car je sais qu’il sera toujours là pour me rattraper.

Bye 2014, you’ve been good to me…

Les (petits) plaisirs #3

Le silence a pris le pas sur les mots. Il y a eu le manque d’envie, le manque de temps, le départ, la solitude, les petits coups de blues, le travail qui prend trop d’énergie, le manque d’inspiration. Un peu tout ça à la fois.

J’avais besoin aussi de cette distance, de me retrouver un peu, de m’habituer à cette vie si différente qui sera la mienne durant ces quelques mois. Arrêter de voir le négatif, la distance, le manque, sécher ses larmes, et se concentrer sur le positif. Agir, faire des projets, poser des jalons pour après. Et essayer de renouer avec la joie des petits bonheurs simples, mais si essentiels.

¤ Savourer la perspective d’une journée à la maison après une semaine encore bien chargée, et renouer avec le plaisir de laisser ses doigts courir sur le clavier.

¤ Étrenner une belle robe de chez Comptoir des Cotonniers, l’assortir avec les merveilles que sont mes bottines Sézane et se sentir jolie.

¤ Le retrouver chaque soir grâce à la magie de Skype, se raconter nos journées, rire, se dire qu’on a hâte de se revoir, voir qu’il est déjà épanoui dans sa nouvelle aventure professionnelle. L’écouter parler de notre appartement, des balades qu’on pourra faire quand je serais là bas, de cette association d’expat’ qu’il a trouvé.

¤ Compter les jours sur le calendrier avant de le retrouver. Dans un peu plus d’une semaine. Mesurer la chance qui s’offre à nous de pouvoir passer mes deux semaines de vacances ensemble, en France. Savourer l’idée de changer d’air, de se retrouver dans sa famille afin de fêter la nouvelle année avec la mienne. Quinze jours de parenthèse, de partage, de repos.

¤ Faire un peu de cuisine, se réchauffer avec une bonne soupe maison, une gourmandise avec un gâteau dégusté un thé bien chaud en revenant du travail.

¤ Les élèves adorables, qui ont plaisir à venir en cours et qui le disent. Cette classe, difficile, nombreuse, bruyante, peu travailleuse, si peu motivée au début de l’année qui change, doucement, lentement, peu à peu. Sentir qu’on a réussi à en accrocher certains, qui participent, posent des questions, rabrouent une de leurs camarades qui prend un malin plaisir à perturber chaque cours. Se lancer un défi, celui de les réconcilier un peu avec ce système scolaire qu’ils détestent, dans lequel ils ne sentent pas à leur place.

¤ Ouvrir son casier en salle des profs et y trouver une friandise avec un mot adorable d’un collègue. Les copines du boulot toujours là, présentes, adorables. Avoir hâte de se retrouver au restaurant dans les prochains jours.

¤ Se trémousser devant le nouvel clip de la bombe HollySiz. Ecouter en boucle le live de Coldplay. Se sentir remuée par ce clip si touchant, si poétique.

¤ Et vous, vos commentaires, vos pensées, les échanges.

Empty bed

Il n’est parti que depuis hier, et ce n’est que pour quelques jours. Et puis, la semaine prochaine, nous serons à plus de 700 km l’un de l’autre pour les prochains mois. Il me manque déjà. L’appartement me semble si vide, silencieux.

Je sais que cette séparation est temporaire. Je sais que nous allons nous retrouver ensemble, et que tout ira bien. Je sais qu’on pourra se parler, se voir même, tous les jours grâce à la magie de Skype. Je sais que j’ai la chance d’avoir des vacances régulièrement et que je pourrais les passer avec lui, là-bas. Je sais qu’il y aura les week-end. Je sais tout ça. Je le sais.

Mais voilà. Hier soir, quand je suis montée me coucher, il m’a manqué. Terriblement. Il n’était pas là pour me sourire, me faire rire, me laisser me blottir dans ses bras. Je regarde son oreiller, et je ne peux m’empêcher de sentir seule. Il me manque déjà.

Les (petits) plaisirs #2

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¤ Déguster le 2e mug de café avec un muffin en surfant sur le net. Savourer la perspective de cette journée off, savourer l’idée d’être en week-end, et vouloir en profiter totalement avant son départ.

¤ Le moment du réveil, et se blottir dans ses bras. Venir le réveiller doucement parfois, et savourer la douceur des matins à deux, dans la chaleur de la couette, se sentir si bien, si à sa place, là, avec lui.

¤ Étrenner une nouvelle robe, et se trouver jolie. Sourire en se voyant dans la glace, respirer, et affronter la journée avec le sourire.

¤ Savourer le silence de l’appartement après le bruit de la journée.

¤ Le mardi férié qui te fait croire qu’on est dimanche. La balade en forêt, les couleurs de l’automne, s’emmitoufler dans une écharpe et respirer l’air pur. Déguster un bon chocolat chaud au retour.

¤ Arriver plus tôt au boulot pour profiter de Collègue Préférée, papoter de tout et de rien dans les fauteuils bleus.

¤ Lire les nouvelles notes de mes blogs fétiches. En découvrir de nouveaux.

¤ Les élèves adorables, les « déjà » quand la sonnerie retentit, les cours qui se déroulent bien. Finir sur une note positive ce chapitre de ma vie.

¤ Se mettre derrière les fourneaux, et sentir l’esprit s’apaiser pendant que les mains s’activent pour couper, faire cuire les légumes. Le plaisir de déguster la soupe maison bien chaude. Avoir envie de faire un gâteau au chocolat.

¤ Chanter à tue-tête dans la voiture cette chanson parfaite pour mettre de bonne humeur.

Crédit photo : Pinterest