C’était août

Le bonheur, c’est simple comme une promenade au soleil couchant au bord de la mer dans la douceur d’un soir d’été. Main dans la main, me serrer contre lui, rire, sentir ses lèvres au creux de mon cou. Déguster une crêpe à la crème de marrons assise sur un banc, silencieux, à regarder la mer à perte de vue. Ce moment-là résume tout de notre semaine si jolie à Arcachon. Se retrouver, profiter de tout, des glaces, des restaurants. Les escapades, le ciel bleu et la mer, une balade en bateau, louer des vélos, monter sur la dune du Pilat, se baigner, être ensemble, tout simplement.

Photos personnelles

Et septembre

Cette année, je te regardais du coin de l’œil, sans impatience véritable. Moi qui ai toujours aimé septembre, l’odeur du neuf, les cahiers multicolores qui s’alignent à perte de vue dans les rayons. Choisir un agenda, acheter un beau stylo. Vingt-neuf années de rentrée scolaire, dans ce rythme immuable et terriblement rassurant des nouveaux départs dès le mois d’août achevé. Et puis, cette année, tu t’annonçais si différent, si terriblement vide. Un mois de septembre sans rentrée, je ne savais pas faire. J’y pensais sans vouloir y penser en profitant d’août rempli de soleil, de balades, de paysages, de glaces dégustées avec délice et gourmandise. Août qui me paraissait parfois long est passé comme un éclair.

Septembre, tu m’effrayais. Je dois bien l’avouer maintenant. Et puis, l’inattendu.  C’est venu de ces jalons posés, comme ça, des bouteilles envoyées à la mer sans qu’on sache vraiment si elles atteindront leur destination. Et voilà, coup sur coup, ses deux petites portes qui s’ouvrent. Petites, oui, mais emplies de lumière, de nouveautés qui font battre le cœur bien fort, de défis qui enthousiasment. Qui me font réaliser aussi que ce changement m’est salutaire, nécessaire. J’en avais besoin sans me l’avouer. Je ressens ce petit pincement au cœur en pensant à la rentrée qui s’est déroulée sans moi là-bas, à mes collègues-amis qui me manquent déjà terriblement, aux élèves que j’aurais tant voulu voir grandir, oui. Mais, pour autant, je me sens pleine d’envie. Et surtout, je n’ai pas peur.

Et pourtant, le défi est de taille. Parce que finalement, tout cela ne correspond pas vraiment à ma formation. Mais l’envie d’essayer est plus forte. Et puis, avoir une occupation, avoir une petite indépendance financière, me fait tellement de bien. Comme si une chape de plomb s’était échappée de mes épaules. Je souris, et me dis que voilà, je me retrouve pour quelques petites heures par semaine à donner des cours de français. Et puis, j’espère que ça ne sera que le début, que la première étape. Mais, je ne peux m’empêcher de me sentir fière. Oui, pour une fois, je l’avoue sans fard, je me sens fière de moi.

Septembre et tes nouveaux départs, tes résolutions, tes cahiers à l’odeur du neuf, l’année de plus qui se profile pour moi, tes envies. Je suis heureuse de t’accueillir.

Les (petits) plaisirs #5

Mettre du vernis rouge et renouer avec le plaisir des mains joliment mises en valeur. Une robe à pois achetée pour rien à Camden Market, vite devenue une pièce fétiche. Les essentiels, du bleu, des pois, du camel, du rouge sur les ongles et les lèvres.

Prévoir les futures escapades. Prendre la route, et aller découvrir Züg, son lac, sa vieille ville. La petite balade du dimanche, les incontournables, faire découvrir à une partie de sa famille les chutes du Rhin et Schaffhausen. Le vent, les paysages qui se font plus montagneux. Il fait bien gris, mais c’est pas grave, on profite quand même.

Se trouver belle et avoir même du mal à se reconnaître sur une photo. Et un selfie plein d’amour.

Le voir si heureux, comme un enfant le matin de Noël, devant sa nouvelle voiture. L’odeur du neuf. Les petites routes de campagne et leurs lacets.

Recevoir des mails de mes grands-parents, si emplis de tendresse et de malice.  Les discussions mère-fille sur Skype.

 Voir l’appartement prendre forme, le nombre de cartons diminuer peu à peu. Les livres enfin à leur place dans les étagères.  Retrouver son bureau, familier, chaleureux, et pianoter sur le pc.

Déguster un thé en faisant le tour des blogs. Découvrir les nouvelles perles de chez Comptoir des Cotonniers. Avec dans les oreilles, les trois premières pépites du dernier AaRON attendu avec impatience.

Un livre qui en chasse l’autre. Lire quelques pages, quelques chapitres, le dos calé derrière l’oreiller avant de dormir. Lire au bord de l’eau. Chasser vite la déception et, chose rarissime, le roman abandonné, et passer, vite, à autre chose.

L’apéro improvisé du soir, une bière sur le balcon, l’écouter me raconter sa journée, parler de tout et de rien. Avant de faire la cuisine en duo.

Prendre les baskets et partir en forêt, au pied de l’appartement. Monter, respirer, l’air pur, les arbres, la nature. Un banc, un livre, s’asseoir et lire.

Et le vent qui tourbillonne.

La liste de mes envies

Elles sont futiles, profondes, pour certaines bientôt réalisées, des projets encore flous, un peu en vrac. Ce sont mes envies, peut-être que certaines resteront des idées un peu vagues, des rêves jamais réalisés. D’autres arriveront sans doute, ou seront oubliées dans cette liste qui se veut ni exhaustive ni prescriptive. Elles sont là pour rêver un peu, bousculer le quotidien parfois, faire avancer. Et, surtout, avant tout, pour faire sourire

Crédit photo : Quentin Douchet – Flickr

¤ Aller admirer le coucher du soleil en amoureux en haut de la dune du Pila.

¤ Revoir AaRON en concert (et ne pas penser à cette occasion manquée, le concert le jour de ma fête dans mon ancien chez moi).

¤ Aller à New York en amoureux.

¤ Lire Anna Karénine et rattraper le retard accumulé dans ma liste de livres à lire.

¤ Aller marcher tous les jours en forêt ou au bord du Rhin.

¤ Se mettre à la course à pieds.

¤ Remplir le carnet des idées de recettes à préparer à deux.

¤ Rejoindre un groupe d’expat’ et se faire des liens dans notre nouvel environnement.

¤ Voir – enfin – Coldplay en concert.

¤ Lui faire découvrir Londres & Rome. Découvrir ensemble Amsterdam, Prague, Vienne, Copenhague…

¤ Lire toujours plus en anglais.

¤ Déguster une glace sur le remblais des Sables d’Olonne, une autre à St-Gilles pendant notre escapade vendéenne.

¤ Retourner à Rouen et revoir ma ville sous un œil neuf.

¤ S’offrir un séjour détente avec spa / hammam

¤ Aménager notre appartement pour en faire un petit cocon.

¤ Marcher dans la neige.

¤ Un week-end en amoureux en Alsace au moment des marchés de Noël.

¤ Etre toujours plus tolérante envers soi-même. Et moins susceptible aussi parfois.

¤ Ecrire.

¤ Trouver vite un travail (épanouissant et excitant).

¤ Lire au bord du Rhin à l’ombre des arbres.

¤ Apprendre, découvrir, cultiver sa curiosité.

¤ Déguster des grillades sur le balcon avec une bière bien fraîche les soirs d’été.

¤ Adopter son nom.

¤ Voir mon ventre s’arrondir et passer de 2 à 3.

 

Et vous, quelles sont vos envies ? 

Le premier jour

J’ai quitté la Normandie sous une petite pluie fine et un ciel gris, comme si elle voulait à tout prix ressembler aux clichés parfois vrais qui l’accompagnent. Près de huit-cent kilomètres avalés en voiture, sans se tromper, sans se perdre, en toute quiétude. Les épaules un peu endolories, les jambes un peu lourdes, mais j’ai passé la frontière et puis, je me suis arrêtée sur le parking au bas de chez nous. Et comme ça, j’étais arrivée, j’étais une expatriée.

Il y a des cartons un peu partout, des meubles à installer, prendre ses marques, mais ça, c’est pas grave. C’est même chouette de faire de cet appartement notre chez-nous, de le remplir de livres et d’y mettre un peu de chaleur. Le stress et la fatigue des dernières semaines vont bien finir par me tomber sur le coin du nez, mais, pour le moment, je suis toujours une petite tornade d’énergie qui range, trie, aménage.

Entre les cartons, les papiers, des rdv médicaux, il y a eu deux jours de parenthèse à Londres, et c’était très chouette. On a beaucoup marché, j’ai eu la confirmation que Londres et moi, c’était une grande histoire d’amour. C’était aussi une très jolie manière de dire au-revoir à mes copines du boulot.

Le repos sera cependant nécessaire et je dois prendre soin de moi. Rien de grave, mais au milieu des préparatifs du départ, au détour d’une prise de sang de contrôle, on m’a découvert un pépin de santé. Un truc commun, qui touche beaucoup de femmes, pas grave, mais très embêtant et, surtout, qui demande un suivi médical très régulier. Pas l’idéal quand on part vivre dans un pays où l’assurance médicale privée coûte très chère et dans lequel on ne parle pas vraiment la langue. On est pas très loin de France, heureusement. Alors, je vais prendre soin de moi, me soigner, me reposer, savourer d’être de nouveau à deux, lire, lire, lire. Et compter les jours avant nos vacances atlantiques.

Et puis, surtout, surtout, nous retrouver, enfin, après sept mois de vie de couple mise entre parenthèses. Me blottir dans ses bras, nos fous-rires, se sourire, et puis, ce projet un peu fou qui se dessine, mais chut, je ne dis rien pour le moment.

Lundi, c’était le premier jour de ce nouveau chapitre, celui de ma vie d’expatriée.

L’envol

Les chaises sont alignées derrière les tables, le silence règne. Le soleil tape dans les vitres, fort, rendant l’atmosphère lourde et moite. La faute aux rideaux qui manquent depuis des années déjà. Les murs sont un peu sales, ils auraient bien besoin d’un coup de peinture. Il n’y a pas de matériel vraiment pour travailler comme on le voudrait. Cette salle, pourtant, elle avait une âme, quelque chose d’indéfinissable. Y passer près de 21 heures par semaine pendant six années scolaires, c’était presque devenu comme une deuxième maison. Neuf classes par an, une vingtaine d’élèves dans chaque classe. Des tas de gens différents se sont assis sur les chaises en bois. Des vrais gentils, des qui vous offrent des fleurs, vous écrivent des mots sur le tableau, des curieux, des flemmards, des fâchés avec l’école et qu’on arrive parfois à rattraper, des rebelles, des insolents, des transparents, des attachants, des drôles. Je les ai vu grandir, mûrir, évoluer, changer, trouver leur voie. Ils m’ont exaspéré, fait rire, surpris, rendu fière. J’ai été stressée, sereine, fatiguée, motivée, énervée, de bonne humeur entre ces quatre murs. Tout un patchwork d’émotions, qui rendent le métier d’enseignante si rare et si joli.

C’est un sentiment bien étrange de marcher dans ces couloirs déserts, de faire des pas répétés mille fois dans la routine du quotidien et se dire que c’est sans doute pour la dernière fois. Que je ne boirais plus mon café en salle des profs en riant avec les collègues. Une page de six ans se tourne, et je sais déjà que tout cela va me manquer. Sans doute parce que pour le moment, mon avenir professionnel est encore bien flou. Six années qui ont passé vite. Qui m’ont transformé. Qui ont fait de moi une femme plus épanouie que celle qu’elle était en arrivant, sortie des études. J’ai appris qui j’étais, quelle enseignante j’étais, que j’aimais mon métier, que j’étais plutôt douée aussi pour le faire. J’ai changé, j’ai connu des déceptions amoureuses durant ces six années. Le lycée a été aussi le lieu de rencontre de ces amours avortés et déçus.

Quand j’étais en Terminale, j’avais un prof’ d’histoire-géo génial. Lors du dernier conseil de classe, il m’avait dit que j’avais raison de faire une fac d’Histoire, « on y rentre chenille, on en ressort papillon » avait-il dit. Cette phrase, elle est toujours restée en moi, je ne sais pas trop pourquoi. Et en fait, c’est ça. Ma transformation en papillon, elle s’est faite, certes à la fac, mais aussi dans ce lycée, durant ces six années. Plus forte de mes échecs, de mes remises en question perpétuelles, de cet amour qui me rend plus forte, de ces amitiés de travail qui sont devenues de vraies amitiés qui resteront intactes malgré la distance, je m’apprête à prendre mon envol, vers un nouvel horizon.

L’interruption

Les cartons, les moments de tri, de « je garde ou pas », les allers-retours au lycée pour les derniers moments de prof’ là-bas, les papiers et les formalités. Et puis, surtout, profiter de mes derniers jours ici, pour des jolies journées comme celle d’hier, une journée mère-fille que nous garderons longtemps comme un joli souvenir. Les émotions contraires s’accumulent, entre l’impatience d’être enfin là-bas et de reprendre notre vie à deux, laissée un peu entre parenthèses depuis cette fin novembre, et la tristesse des au-revoir.

Peut-être aurais-je l’envie, le temps, de revenir poser quelques mots ici avant le départ, je ne sais pas. Je vous dis à bientôt, sans rien promettre vraiment, peut-être que les prochains mots ne seront pas écrits avant un mois. En attendant, je continue à griffonner dans un carnet, et, évidemment, à vous lire.

Les jolies choses #4

Une fin de dimanche bien pluvieux dans ma Normandie, de retour d’une belle journée mère-fille à partager un bon repas, suivi d’un goûter chez mes grands-parents. Il fait frais dans l’appartement, et s’il n’était pas déjà presque 19h, j’aurais bien envie d’un thé bien chaud pour me réchauffer. Je vais de clic en clic, de blog en blog, et l’envie de venir poser quelques mots ici se fait sentir. Me voici donc avec une note un peu « fourre-tout », pleine de ce que j’ai aimé cette semaine et de ce qui m’a donné le sourire. Des petits riens qui ne rempliraient pas une note à eux seuls, mais qui, additionnés, forment un joli patchwork.

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La jolie découverte musicale du week-end. A écouter allongée dans l’herbe, le soleil dans les yeux. En voiture, la vitre ouverte qui laisse le vent s’engouffrer. Avec un thé dans la douceur de la maison. Seule ou avec la personne qu’on aime. Découverte grâce à la douce playlist partagée par Miss Blemish (merci).

Little May – Boardwalks 〉

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La gourmandise de la semaine : un cake poudre d’amandes / pépites de chocolat, parfait pour le petit-déjeuner.

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Le coup de foudre de ces derniers jours, ma paire de New Balance. J’avais envie d’une paire de chaussures un peu sport pour marcher tout en restant un peu élégante. J’avais envie de New Balance, mais j’avais du mal à trouver un modèle qui me plaise vraiment. Au départ, je voulais des bordeaux, mais impossible d’en trouver à ma pointure. Et puis, j’ai essayé celles-ci et ça a été le coup de foudre. Je suis tellement à l’aise dedans que j’ai du mal à remettre des talons !

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La gourmandise dégustée en famille. Profiter de ma mère et de mes grands-parents avant le départ, et papoter autour d’un verre.

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Et pour finir, un peu de lecture avec quelques articles parmi ceux que j’ai aimé cette semaine :

– Cette fois encore je n’allaiterai pas par Lexie Swing, dont je partage tout à fait les propos et dont la note m’a fait du bien tant elle est pleine de tolérance, d’ouverture d’esprit.

– Une balade en Suisse normande avec Miss Blemish, l’occasion de découvrir ce joli petit coin de Normandie pour un dimanche plein d’amour et de douceur.

– Une escapade en Baie de Somme avec les belles photos de Marie-Charlotte.

– Un blog dessin d’humeurs bien sympa avec les dessins drôles et tendres de Mathou.

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Et vous, qu’est-ce qui vous a donné le sourire cette semaine ? Des coups de cœur à partager ? 

La parenthèse

Ces journées là m’avaient manqué. Se retrouver tous les deux, avec un petit air de vacances dans l’air. Prendre la route, avaler des kilomètres en musique, conversations à bâtons rompus. Bénir l’envie apparue (et immédiatement satisfaite) il y a quelques semaines, celle de prendre un billet d’avion pour passer un autre week-end prolongé de mai ensemble. Alors, dès jeudi soir, j’ai sauté dans l’avion, ma petite valise remplie de jeans, d’une marinière, de quelques tuniques à pois et de mes nouvelles New Balance, parfaites pour les week-end de vadrouille.

L’amoureux a eu l’idée de me faire découvrir Strasbourg, qu’il connait un peu. « Tu vas aimer, j’en suis sûr ». Il me connaît si bien. Strasbourg a été un coup de cœur, une ville que j’ai aimé tout de suite. Les petites rues étroites et emplies d’Histoire, les maisons à pans de bois qui m’ont rappelé un peu ma jolie ville de Rouen, les bords du fleuve, la Petite France. Chercher un peu cette place cachée derrière la cathédrale et déguster en terrasse une salade gourmande à souhait. Se laisser porter par nos pas, main dans la main. Se retrouver et savourer cette parenthèse si douce et si bienvenue, rien que tous les deux.

 

 

La salade magret / foie gras / rillettes dégustée Place du Marché Gayot. 

 

 

Photos personnelles.

Les chemins

Tu sais, quand j’étais petite, je rêvais d’être maîtresse d’école. C’est pas très original je crois, toutes les petites filles rêvent un jour de devenir maîtresse . Alors, un peu comme toutes les petites filles, en attendant de grandir, je jouais avec mon tableau à craie dans ma chambre avec des poupées et des Barbie en guise d’élèves. A un moment, je me souviens aussi que je pensais que caissière de supermarché était un métier marrant et je me souviens avoir dit à ma mère, un peu interloquée, que j’aimerais bien faire ça plus grande. A l’adolescence est venu mon rêve (inachevé) de devenir journaliste ou écrivain, et que je pourrais écrire dans une maison en bord de mer entourée de chats. En Terminale, j’ai un peu hésité à faire une fac de droit parce que j’avais trouvé un article sur une juge des enfants et je m’étais dit que c’était un boulot qui me plairait. Et puis, au final, j’ai pris une autre voie, j’ai suivi ma passion de l’Histoire qui m’accompagnait depuis que j’étais gamine. Au point même d’avoir eu envie de faire de la recherche, de devenir prof’ à la fac.

Je rêvais de vivre le grand amour, celui que tu vois dans les comédies romantiques, qui chavire tout. Je me disais que je pourrais quitter ma province pour descendre à Paris (oui, j’ai jamais compris pourquoi tout le monde dit toujours « monter à Paris, moi je suis au nord de Paris alors voilà, ça colle pas) et faire Science Po’ pour devenir journaliste politique.

Je me demande parfois à quoi ma vie aurait ressemblé si j’avais choisi une autre voie, si j’avais été en classe prépa’ après le bac, si j’avais été en fac de droit, si j’avais eu l’agrégation. Si j’avais été plus courageuse parfois, si j’avais plus cru en moi surtout.

Et puis, dimanche, je me suis baladée au bord de l’eau, dans la campagne, et je suis passée devant une maison. C’était une maison toute simple, sans rien de particulier. Il y avait un couple dans le jardin, une odeur de barbecue qui flottait dans l’air. Un petit garçon riait et jouait avec un chien. Et je me suis dis que c’était ça que je voulais. Tu sais, le cliché qui fait peur à certains, la vie qu’on peut trouver ennuyeuse. La jolie maison, le bonheur simple du grand amour qui chamboule tout, notre enfant qui joue dans le jardin, un barbecue le dimanche au soleil. Une bibliothèque bien remplie de livres, des voyages de temps en temps, de la sincérité, du confort, du partage. Et de la simplicité. Et se dire que tout ça est possible, réalisable. Que j’ai rencontré la personne qui veut vivre tout ça à mes côtés. Et ça, c’est pas rien, c’est même tout.

Ces derniers jours, je trépigne, je m’impatiente, je me fatigue, avec mon moral en montagnes russes, mes points d’interrogation sur mon avenir professionnel, les échéances qui arrivent. C’est sans doute pour cela que cette note est brouillonne, inaboutie. Mais parfois, ça fait du bien de laisser ses doigts courir sur le clavier et de se laisser entraîner au fil des pensées.