2016 et d’autres histoires

Il y a une heure encore, je n’étais pas sûre d’avoir envie d’écrire cette note. Cette semaine, j’ai lu – avec beaucoup de plaisir et de sourires – vos envies, vos projets pour 2016. Peur de manquer d’originalité, de se mettre un peu trop de pression aussi peut-être alors que le lâcher prise m’est indispensable. Alors, oui, ce n’est pas bien original, mais tant pis. Il aura fallu une fin d’après-midi en ce dimanche gris et pluvieux pour que je me décide à écrire cette note et à vous faire partager mes envies, mes souhaits et ma seule vraie résolution de 2016. Ces envies, ces souhaits, ils sont dans le désordre, ou tout du moins dans l’ordre du fil de mes pensées.

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¤ Lire, encore et toujours. Continuer à lire ce que j’ai envie, sans pression, pour le plaisir. En français, en anglais, sur ma liseuse, avec un livre de poche, peu importe. J’abandonne les challenge lecture, ça n’est pas pour moi. Mais, lire, lire, lire, encore et toujours, oui. En ce moment, je lis (déjà) mon 2e livre de 2016 et je compte bien continuer sur ce bon rythme toute l’année ! (le 1er livre de 2016, c’était The Violets of March de Sarah Jio, une jolie histoire qui se dévore très vite ; le 2e livre de 2016, que j’ai commencé il y a quelques jours donc, sera The Rabbit Back Literature Society, que j’ai trouvé grâce à la page Goodreads de Laurelas – merci d’ailleurs si tu passes par là).

¤ Continuer à acheter moins, mais mieux. Depuis que je suis avec Darcy, je suis beaucoup plus attentive et sensible à la qualité de mes vêtements et chaussures. Avant, j’avais tendance à acheter beaucoup (trop) de fringues et de chaussures pas chers, mais pas toujours de qualité. Aujourd’hui, je suis plus sensible aux matières, aux coupes. Et surtout, je ne cède plus aux achats impulsifs. J’avais déjà commencé à me limiter quand nous vivions toujours en France. Ici, par la force des choses, je ne peux plus faire de shopping régulièrement (il y a peu de magasins dans notre petite ville, et tout est beaucoup plus cher de toute façon) et ça ne me manque pas vraiment. Je préfère acheter quelques pièces bien choisies de temps à autre, et je trouve que je savoure bien plus mes achats ainsi.

¤ Me mettre (enfin) à l’allemand. Plus qu’une envie, c’est surtout une nécessité pour la vie quotidienne et pour s’intégrer vraiment ici aussi. J’ai beaucoup de mal à me motiver, je l’avoue. J’aurais dû débuter avant de partir, je le sais, j’aurais dû débuter dès mon arrivée il y a six mois, j’en ai parfaitement conscience. Je sais que je ne fais que reculer l’échéance, mais j’avoue que l’allemand n’est pas vraiment la langue qui m’attire. J’ai suffisamment reculé l’échéance, alors quoi de mieux qu’une nouvelle année pour prendre cette vraie résolution, non ? Et puis, je me dis que quand j’arriverais à comprendre et à me faire comprendre un peu, la satisfaction et la fierté seront là.

¤ Dire stop à la procrastination. Arrêter donc de remettre au lendemain le coup de fil ou le mail pour une démarche administrative, ne pas attendre quinze jours avant de prendre un rendez-vous médical. Pour ressentir cette sensation d’accomplissement si agréable quand tout est en règle !

¤ Continuer de cultiver la bienveillance envers moi-même. Ne plus être aussi exigeante, impatiente envers moi-même. Essayer de calmer les petites angoisses qui m’empoisonnent toujours un peu trop la vie. Voir le positif dans mes choix et ne plus être aussi critique devant le miroir. Sourire et se trouver jolie malgré les cernes ou les imperfections. S’accepter.

¤ Lâcher prise aussi. Se détendre, plus. Comprendre, accepter que je ne contrôle pas tout.

¤ Ne pas perdre contact avec les amis et les proches restés en France. Malgré Skype, les réseaux sociaux, les mails, ce n’est pas toujours facile. On connaît tous ça, non ? Ce mail qu’on a envie d’écrire, mais qu’on laisse traîner des semaines. Ces nouvelles qu’on dit que l’on va prendre mais qu’on oublie au fil du temps. Et puis, l’envie, aussi, de se faire quelques ami(e)s ici. Alors, oui, en 2016, promis, on ira enfin boire un verre lors d’un rendez-vous de ce groupe d’expat’ qu’on a trouvé sur le net. Et puis, avoir une BFF me manque. Beaucoup. Alors, sait-on jamais…

¤ Continuer à bloguer ici comme j’en ai envie. Sans pression, sans contraintes. Cette semaine, j’ai beaucoup aimé lire la note de Zadig à ce sujet, et je partage d’ailleurs beaucoup sa vision du blog. J’aime toujours autant écrire, partager, créer un univers simple et chaleureux qui, je pense, me ressemble, me correspond.

Et puis.

Rire. Chanter sous la douche, dans la voiture. Danser. Partager. Ecrire. Voyager. Découvrir.  Faire des projets à deux.

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Aimer

Et vous alors, dites-moi quels sont vos envies, vos projets, vos souhaits pour 2016 ?

Source des images : ici & ici

Les derniers jours de décembre

2016. Nous y sommes. 2015, tu auras été pour moi mouvementée, contradictoire, pleine de bouleversements, d’émotions fortes. Peut-être que d’ici quelques jours, j’aurais l’envie (et le besoin)  d’en faire une sorte de bilan, peut-être oui. Mais, j’ai aussi l’impression d’avoir déjà tout écrit, ici. Sans doute aussi que d’ici quelques jours, j’aurais l’envie d’écrire ici ce que je souhaite pour 2016, mes envies, mes souhaits. Et puis, comme je n’ai pas eu vraiment l’occasion, je voulais aussi vous souhaiter une très jolie année. Qu’elle soit la plus douce possible, avec des sourires, des découvertes, des envies, des projets, des mains tendues, des échanges, de la sérénité aussi. Et puis, je voulais aussi vous remercier d’être là, ici, de me lire, de laisser des mots qui me touchent toujours.

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Source : Cosmically beautiful 

Ces deux semaines de vacances tant attendues en France ont filé si vite, trop vite. Tout particulièrement la première semaine passée dans ma famille en Normandie. Cette impression si troublante de revenir dans des lieux familiers qui ne sont plus les miens désormais, et qui n’ont pas changé, cette nostalgie si particulière alors que je revoyais ces routes parcourues des milliers de fois. Comme si rien n’avait changé, sauf moi.

Pendant ces quelques jours, il y a eu des tas de moments bien trop fugaces, rapides. J’aurais tant aimé pouvoir étirer le temps, l’arrêter, emprisonner ces moments. Repartir aura été difficile. Le cœur gros, je n’avais pas envie de quitter ce que je venais à peine de retrouver. Pendant plusieurs jours, j’ai été triste, mélancolique, nostalgique. Parce que même si je suis heureuse aujourd’hui, ma vie d’avant, là-bas, me manque et ce manque, je l’ai ressenti si fort après cette semaine. C’est comme si j’avais enfin réalisé que j’étais partie, que ma vie n’était plus la même. Revenir aura rendu l’expatriation encore plus palpable, tangible, réelle.

Et puis, il y a cette impression lancinante, troublante d’être un peu passée à côté de ce retour. D’avoir couru sans cesse après le temps, de n’avoir pas vraiment le temps de profiter pleinement. Et puis, cet esprit de Noël que je recherchais, que j’espérais retrouver avec eux, et qui n’est jamais arrivé. Parce que les circonstances ont fait que la soirée que j’imaginais joyeuse, pleine de discussions, que nous attendions depuis plusieurs mois n’a pas pu avoir lieu. Mon grand-père a dû être hospitalisé en urgence le soir du Réveillon (il va bien mieux aujourd’hui, ce qui est le plus important), et nous n’avions donc pas vraiment le cœur à la fête. Heureusement qu’au milieu de tout ça, Il était là. Solide, rassurant, calme, positif.

Mais, il y a aussi des tas de jolis moments, et c’est ce que je veux garder en mémoire avant tout.

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Photos personnelles (Rouen et plage des Sables d’Olonne)

Marcher sur les pavés de Rouen et retrouver mes rues fétiches. Profiter de ma famille. Les revoir et passer une journée à papoter comme si rien n’avait changé. Retrouver ce ce restaurant que j’aime tant. La mer en hiver. Observer le soleil se coucher. Faire du lèche-vitrine. Le bonnet qui protège du vent. Le calme de la campagne. Les gourmandises. Le risotto aux St Jacques de l’amoureux et un verre de vin blanc. Un nouveau rouge à lèvres. Les moments mère-fille. Une journée avec mon père. Rire. Les kilomètres avalés en écoutant AaRON. Retrouver ma librairie fétiche. Acheter du thé en vrac. Les grasses matinées en amoureux.

Et puis, « qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2016 ? » « D’être aussi heureux ensemble qu’en 2015, ça me paraît bien ».

Miscellanées

En ce moment, je lis les « Petites recettes du bonheur pour les temps difficiles ». Peut-être que tu le connais d’ailleurs, que tu l’as déjà lu, car ce livre a beaucoup été lu dans la blogosphère ces derniers temps. C’est un joli livre épistolaire sur deux femmes américaines pendant la seconde guerre mondiale qui apprennent à se connaître, se soutiennent, deviennent amies en échangeant des lettres emplies de confidences, d’anecdotes, de recettes de cuisine. Et puis, alors que je refermais le livre un soir, je me suis mise à penser à ce blog et à la prochaine note que j’avais envie d’écrire, sans arriver à trouver l’inspiration. Et puis, je me suis dit qu’écrire ici, t’écrire ici, c’était un peu comme s’échanger des lettres. Des lettres dans lesquelles il y aurait de la place pour toutes ces petites choses du quotidien que j’aurais envie de partager avec toi sans y consacrer une note dédiée. Une lettre de petites miscellanées, de réflexions superficielles, de pensées ébauchées, d’envies, de sourires.

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Source

A toi qui me lis,

Ce matin, j’avais donc envie de t’écrire. On est déjà le 17 décembre, à une semaine de Noël, et pourtant, j’ai bien du mal à me sentir dans l’ambiance de Noël. Malgré une jolie journée en amoureux à Colmar il y a une quinzaine de jours, malgré les illuminations de Noël qui sont ici assez présentes. Peut-être est-ce parce que nous n’avons pas fait de sapin à la maison. J’ai l’impression que, cette année, l’esprit de Noël attend sagement notre retour en France pour se réveiller. J’ai hâte, tellement hâte, si tu savais, de revoir Rouen et ma Normandie. Hâte de retrouver des lieux familiers. De passer des moments avec ma famille et mes amies qui me manquent. Je sais que la semaine va filer vite, trop vite, alors je veux en profiter pleinement. Cette année, nous fêtons donc Noël dans ma famille pour la première fois, et je sais que nous allons passer de bons moments : des bonnes choses à manger (et à boire !), le plaisir d’être ensemble : bref, la recette idéale pour des fêtes réussies ! Et puis, pour me mettre dans l’ambiance avant le départ, j’ai bien envie de satisfaire à ma petite tradition de Noël, pas bien originale j’en ai bien conscience : regarder Love Actually ! Il est aussi temps d’écouter à nouveau cette jolie chanson de Noël de Sara Bareilles (tiens, en parlant de Sara Bareilles, que j’aime d’amour, je te conseille aussi d’écouter son dernier album dans lequel elle chante les chansons de la comédie musicale qu’elle a écrite et qui va être jouée à Broadway bientôt).

Le temps passe si vite, tu ne trouves pas ? Cela fait déjà six mois que je suis ici ! Je me sens bien ici, même si rien n’est jamais parfait, ni toujours facile. On en parlait dimanche avec l’amoureux alors qu’on se promenait au bord du Rhin. On a trouvé nos marques, des repères. On a exploré les environs, retrouvé des balades pour le dimanche, et encore tant à découvrir. Notre vie a changé, oui, mais étrangement est aussi restée la même sur bien des points. Comme nos week-end à deux. Nos balades. Nos projets, nos envies. Pour le reste, on s’adapte et je trouve qu’on se débrouille pas trop mal !

Je ne sais pas si c’est l’approche de Noël, mais ces derniers jours, je n’ai pas été très raisonnable et j’ai satisfait quelques envies shopping. Ça fait du bien de se faire plaisir, en tout cas, moi, ça m’a fait du bien. J’ai très peu dépensé ces derniers mois, et comme tu le sais, la perte de mon indépendance financière est quelque chose de difficile pour moi. Alors, hier, comme j’étais en en France pour mon problème de thyroïde, j’en ai profité pour me faire plaisir, un peu « comme avant », et ça m’a fait du bien de retrouver un semblant de « normalité ». J’ai l’impression que les magasins ont du mal à vendre en ce moment, car il y avait des promos un peu partout ! J’en ai profité, évidemment. J’ai donc craqué pour deux pulls chez Camaieu, dont un rose pâle très chouette. Et puis, après avoir encore loupé LA robe Sézane que l’amoureux voulait m’offrir pour Noël, j’ai craqué pour une autre robe noire chez Promod qui était à moitié prix et que j’ai pris en 36 (et ça fait du bien au moral ^^). Si tu veux voir mes achats, je t’ai mis les liens au fil de la lecture (désolée, pas de photos portées car je n’ai pas de glace en pieds ici et ça me manque beaucoup en passant). J’ai aussi fait une petite razzia chez Kiko, dont j’aime bien le maquillage, il me fallait un nouvel anti-cernes et un nouveau fond de teint notamment. J’ai aussi craqué pour un kit pour mes sourcils et un mascara (car on a jamais assez de mascara ^^). Et enfin, derniers achats : des collants en cachemire (pour le froid de l’hiver en Suisse) chez Calzedonia (je suis fan de leurs collants, je n’achète plus que chez eux, ils sont doux, chauds, résistants et pas très chers). Je me suis aussi offert une nouvelle coupe et me revoilà avec un carré un peu plus court ! Avec l’hiver, j’avais aussi envie de revenir à une couleur plus foncée. Finalement, camoufler ses cheveux blancs (oui, je suis vieille…!) ça permet aussi de se faire des couleurs régulièrement et donc de pouvoir varier les plaisirs !

Les journées ici sont souvent grises et brumeuses, et une fois mes cours donnés et préparés, j’aime bien m’installer devant quelques épisodes de série avec un chaï latte (j’ai trouvé une préparation toute faite chez Coop ici et c’est vraiment pas mauvais). Je me suis mise à la série Chicago Fire (et à son dérivé médical Chicago Med), je ne sais pas si tu connais, mais je prends un grand plaisir à retrouver la caserne 51 et ses personnages attachants chaque jour pour de nouvelles aventures. J’ai quatre saisons à rattraper, de quoi occuper mes après-midi d’hiver ! Je profite de cette année plus calme, de ces moments à moi, même si j’espère toujours retrouver une activité à temps plein le plus rapidement possible.

Et puis, j’aime aussi lire les blogs des autres. As-tu déjà eu l’impression de te lire à travers les mots d’une autre, de te reconnaître au point que cela en devient troublant ? C’est ce que j’ai ressenti en lisant cette note de Victoria, qui a résonné en moi et m’a touché : Introvertie et Heureuse.

Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, j’ai déjà été bien trop bavarde ! Et toi alors, dis-moi, l’esprit de Noël est-il bien présent ou as-tu du mal à entrer dans l’ambiance ? Quels sont tes derniers sourires en date ? Tes dernières envies ?

A très vite ici, et sur la toile.

La gratitude

Photo : Jonathan Pendleton

J’ai la chance d’avoir un toit au-dessus de ma tête et de manger chaque jour à ma faim. J’ai la chance d’être en bonne santé. De pouvoir marcher, courir, sauter, danser, respirer, rire. Vivre et respirer l’air à pleins poumons. J’ai la chance de ne pas avoir froid, de vivre dans le confort. J’ai la chance de vivre sereinement sans me soucier de savoir si je pourrais payer mes factures ou mon loyer. J’ai la chance de pouvoir penser librement, d’écrire, de lire ce que j’ai envie. J’ai la chance de pouvoir m’habiller comme je le veux. J’ai la chance de pouvoir décider de ce que je fais de mon corps de femme. J’ai la chance, le luxe même, de pouvoir me réjouir des petites richesses de la vie, du superficiel pourtant si essentiel qui rend tout ça plus joli. Une jolie robe, une nouvelle écharpe, un rouge à lèvres. J’ai la chance d’avoir des parents qui m’ont aimé, qui m’aiment, et qui m’ont transmis des valeurs importantes. J’ai la chance d’avoir pu faire des études, les études que je souhaitais, et d’avoir réussi à faire le métier que j’aime. J’ai la chance d’avoir eu le choix de ma vie. D’avoir le choix, chaque jour. J’ai la chance d’avoir quelqu’un à mes côtés qui me connaît par cœur, qui connaît mes failles, mes doutes, mes défauts. Et qui m’aime pour ce que je suis. Et que j’aime pour tout ce qu’il est. J’ai la chance d’avoir trouvé celui qui a envie de faire des projets avec moi.

Ça peut paraître banal, niais même à certain(e)s. Pourtant, ces vérités, on a bien trop tendance à les oublier. A les perdre de vue. A force de se plaindre des petits tracas de la vie, de critiquer tout un chacun pour des broutilles. Pourtant, ça me paraît essentiel de ne pas oublier tout ça. De s’arrêter quelques instants au milieu du quotidien qui peut être usant, et de mesurer sa chance. Même si tout n’est pas rose, non, jamais, même si il y a des jours sans. La route est parfois sinueuse, pleine d’embûches oui. Mesurer sa chance, être reconnaissante, ce n’est pas voir la vie à travers des lunettes roses et ne pas voir le gris, ce n’est pas se voiler la face, ce n’est pas s’isoler du monde. Ni être naïve ou niaise. Non, c’est tout le contraire. C’est avoir conscience que la vie est parfois dure, injuste. Et la savourer d’autant plus.

En quoi êtes-vous reconnaissant(e) aujourd’hui ? Cette question toute simple peut vous amener à penser positif même dans une journée noire.Tous les jours, en cherchant un peu, il est possible de noter une action ou une pensée qui vous a rendu heureux(se). Cela peut être une parole, une scène du quotidien, un sourire, une blague, un texto, tout ce qui est susceptible de vous faire sourire. 

source : Le défi gratitude de Biobeaubon

¤ Le rituel d’un thé bien chaud en revenant de mon cours de français.

¤ Ses petits mails dans la journée, comme ça, pour pas grand chose, juste parce qu’il pense à moi.

¤ Entendre la clé dans la serrure chaque soir. L’entendre s’endormir chaque soir à mes côtés.

¤ Vibrer au son du dernier Coldplay. Avoir un sourire grand jusqu’aux oreilles à la découverte de leur dernier clip et danser sous ses yeux amusés dans l’appartement.

¤ Avoir du temps à soi et pouvoir déguster un chaï latte devant un téléfilm de M6. Ou enchaîner les épisodes de Chicago Fire une fois les cours prêts.

¤ Les fêtes qui se rapprochent, et surtout les retrouvailles avec la France. Les lumières de Noël un peu partout autour de nous.

¤ Les discussions du soir durant lesquelles on se prend à rêver de notre maison. Du parquet, une grande bibliothèque, une cheminée. Et des petits pas qui résonnent sur le sol.

¤ Vous, ici, sur Twitter, Instagram et votre fidélité, vos petits mots toujours si jolis.

¤ Savoir qu’elle va bien, et être heureuse pour elle.

¤ Les petites applications qui permettent de regarder les programmes français.

¤ Se sentir si bien à faire cours, et profiter de ces instants qui passent si vite.

¤ Avoir des tas de livres en attente, et toujours plein d’envies qui se bousculent.

¤ Ce moment où on se raconte notre journée. Où on fait la cuisine tous les deux. Où on se cale devant la télé’ pour regarder « N’oubliez pas les paroles ». Le scotcher en connaissant bien les paroles, et rire à ses approximations et à ses imitations.

¤ Recevoir un mail, un courrier qui donne le sourire.

Et vous alors, de quoi êtes-vous reconnaissants ?

Bande son : Coldplay – Adventure of a lifetime 

Et après

source

Vendredi soir. Le match de foot en fond sonore, et moi qui lis dans la chambre. L’amoureux est arrivé, il venait de lire une information un peu bizarre sur internet à propos d’une fusillade à Paris. On a pensé que c’était une histoire de règlements de compte, de petits délinquants. Et puis, on a fini par comprendre. A force d’actualiser Twitter et les journaux en ligne. On a commencé à réaliser l’horreur qui se déroulait là, à huit-cent kilomètres de nous, dans notre pays. On a compris que janvier recommençait, encore. On a passé plus de deux heures, incrédules, effrayés, à actualiser les fils d’information. La consternation, l’horreur, l’incompréhension. Les larmes, la nausée. La tristesse, l’effroi. Et puis, on a fini par s’endormir. Vers cinq heures du matin, il m’a réveillé. Le bilan du Bataclan, implacable, glaçant. Je me sens glacée, effarée. On se serre l’un contre l’autre. On se dit je t’aime. On regarde sur les réseaux sociaux, nos amis parisiens vont tous bien, et on mesure notre chance d’être loin. On a du mal à se détacher des nouvelles, de l’écran. Les images de disparus qui s’égrènent sur Twitter. Ils sont tous si jeunes, si beaux, si souriants, les gens heureux sont toujours beaux. J’ai du mal à retenir mes larmes. Les disparus laissent la place aux morts, trop souvent. Des gens comme vous, moi, nous, qui sont juste sortis un vendredi soir pour s’amuser. On a frappé tout ça, le bonheur, la joie, la liberté, l’indépendance d’esprit.

Et puis, au milieu de toute cette noirceur, il y a la lumière. Insolente, vacillante parfois, mais forte et éternelle.

 La solidarité, l’humanité tout simplement. Une bougie, une prière, une minute de silence, une Marseillaise, un don de sang, une rose dans un impact de balle, un rassemblement, des mots, des écrits, des chants, réagir, sortir, se recueillir chez soi ou ailleurs. A chacun sa réponse, sa façon de réagir aussi, mais peu importe, tout, sauf l’indifférence. On a le droit d’avoir peur, oui. Même si je suis loin, oui, j’ai peur. On a le droit d’avoir envie de braver tout ça, de dire merde aux terroristes en sortant dans les bars, en voulant vivre encore plus fort et avec plus d’éclat. Oui, j’ai peur, mais j’ai aussi envie de vivre, de respirer encore plus fort, de laisser mon cœur battre plus fort.

J’ai du mal à trouver les mots, ils sont maladroits sans doute. Mais j’avais envie, à l’instar d’autres qui l’ont fait sans doute bien mieux que moi, d’écrire. L’émotion m’étreint depuis vendredi. Elle m’emprisonne un peu. Ce matin, c’était étrange d’aller faire un cours de français dans une école où personne ne parlait vraiment de ça, alors que j’avais du mal à penser à autre chose. J’avais besoin d’écrire, de partager. De mettre des mots sur ces émotions si fortes.

Et maintenant ?

Dire aux gens qu’on aime combien on les aime. Sourire, chaque jour. Cultiver la bienveillance envers les autres et envers soi. Prôner le respect, la générosité. Apprécier les petits et grands trésors de la vie. Rêver. Rire. Espérer. Ne pas oublier. S’unir. Etre solidaire. Faire des projets. Découvrir, apprendre, comprendre. Voyager, s’ouvrir. La tolérance. Transmettre, partager, mettre à mal les préjugés et les idées reçues. S’aimer, inconditionnellement.

¤¤¤

Et puis, les lire et être émue, touchée par leurs mots. Les mots de Célie, Camille, May, Anne-Sophie, Laura, Kenza, Marie entre autres.

Et puis la voix de Chris Martin.

C’était octobre

Octobre, tu auras été un mois compliqué. Des jours sans, le moral en berne parfois, des moments d’incertitude, de doutes. Et puis, des éclaircies. Novembre s’annonce déjà plus serein…

(source)

¤ Une escapade en France le temps d’un samedi ensoleillé. S’offrir un restaurant en amoureux, déguster un risotto et un verre de vin blanc.

¤ Partir à la recherche du manteau parfait pour l’hiver, et avoir un coup de foudre pour un manteau chez Comptoir des Cotonniers. L’essayer, se trouver jolie dedans, voir l’approbation dans ses yeux. Et sentir sous ses doigts la douceur de la laine.

¤ Trouver et craquer un peu pour agrémenter le manteau l’écharpe parfaite, et s’offrir une écharpe toute douce chez Sézane. Sourir grand grand en recevant le colis si joliment emballé, déchirer un peu fébrilement le papier qui l’entoure et l’enrouler autour de son cou, toujours le sourire bien accroché.

¤ Le retour des collants. Mettre des jolies robes. Mes bottines Sézane. Avoir envie de craquer pour une nouvelle paire, mais se raisonner.

¤ Aller s’aérer en forêt, faire une bonne balade et entendre le bruit des feuilles sous ses pas.

¤ Mettre du rouge sur ses lèvres et sur les ongles. Rouge Baiser et Essie, les fidèles compagnons toujours là.

¤ Déguster au retour un thé à la châtaigne avec une petite gourmandise, deux carrés de chocolat blanc suisse acheté comme ça, juste pour le plaisir.

¤ Le rituel du dimanche soir, éplucher, couper, sentir son esprit s’apaiser au rythme du couteau. Sentir l’odeur de la soupe maison qui embaume l’appartement et la déguster bien chaude, dans un bol avec une tartine de pain croustillant.

¤ L’inattendu dans la boîte aux lettres, le sésame tant attendu, le permis de résidence que j’aurais eu tant de mal à obtenir. Sentir ses épaules bien plus légères, respirer, se dire que désormais tout sera plus simple.

¤ Des baisers dans le cou. Sa foi en moi et sa capacité à être positif, toujours.

¤ Une balade automnale au bord du Rhin, et le coucher de soleil époustouflant contemplé en silence.

¤ Candidater pour un poste pour lequel je n’ai pas l’expérience demandée, mais le faire, pour tenter et ne rien regretter.

¤ Prévoir le retour en France pour les fêtes de fin d’année et avoir hâte de revoir Rouen, ma famille et les indispensables. Rire sur Skype avec elles et prévoir notre repas de retrouvailles juste avant Noël.

¤ Trouver un bon petit restaurant ici, avec un serveur souriant, un menu en anglais, un burger. Le partager avec lui et cet autre Français qui va peut-être venir s’installer par ici. Savourer le fait de parler Français et partager son expérience.

¤ Lire le dos bien calé sur l’oreiller et s’évader vers d’autres lieux, d’autres histoires.

¤ Boire du thé, et attendre avec impatience la commande Dammann qui devrait arriver cette semaine.

¤ La jolie surprise du matin, l’air entraînant et le titre qui fait sourire. La magie Coldplay qui agit, encore et toujours. Et puis le nouveau Sara Bareilles qui tourne déjà en boucle et sa voix qui donne des frissons.

¤ Ecrire un peu chaque jour, et la satisfaction d’arriver à tenir enfin un challenge. Et retrouver le plaisir de partager ici.

Photos personnelles hormis la première

L’indépendance

Ces presque trois semaines de break m’ont conforté dans l’idée que je ne suis absolument pas faite pour être celle qui reste à la maison sans travailler. Je ne suis pas vraiment surprise. Pas du tout même.

Avoir un travail à temps complet me manque. Terriblement. Alors, oui, je sais que ça va bien finir par arriver, que c’est déjà mieux que rien, que je dois laisser le temps au temps. Mais, malgré tout, j’ai beau le savoir, l’entendre, ça me manque. Comme si une partie de moi n’était plus là. Avoir des collègues, tisser des liens, même professionnels, même superficiels, même aussi tenus que ceux qu’on tisse pendant une pause café où on échange des banalités. Se sentir utile, à sa place, là, dans une équipe pédagogique et au milieu des élèves. Tout ça me manque.

Et puis, même si j’ai beaucoup de chance parce que le salaire de l’amoureux est très confortable, ma complète indépendance financière me manque. Cette possibilité de pouvoir m’assumer totalement, disposer de mon argent, à moi, que j’ai gagné, moi, toute seule. Certes, j’ai trouvé quelques cours particuliers. Mais une fois mon assurance santé payée, l’essence, les impôts en France, il ne me reste plus grand chose, et j’essaye au maximum de le placer sur mon compte épargne. Mais, au moins, j’ai l’impression de pouvoir un peu m’assumer.

Ce qui me manque aussi beaucoup, c’est de pouvoir participer aux dépenses du foyer. Payer une partie du loyer, des charges, des courses. Alors oui, j’ai la chance de vivre avec quelqu’un qui peut assumer tout ça, qui jamais, au grand jamais ne me culpabilise, ni ne me fait de remarques par rapport à tout ça. Qui me rassure même quand je lui fais part de ce que je ressens. Mais voilà, la culpabilité, elle est en moi et c’est comme ça. Je ne suis pas celle qui va aller s’acheter des vêtements, faire les magasins,  comme ça, avec la carte bancaire du compte commun sans jamais contribuer à l’alimenter. Parce que je suis sans doute un peu fière, surtout parce que je suis d’un tempérament indépendant, parce que cette situation n’est pas vraiment un choix de ma part aussi.

Je ne juge personne et je ne veux blesser personne. Si une femme est heureuse en restant à la maison, profitant de ses enfants quand elle en a, du salaire (confortable parfois) de son mari, je respecte son choix (je ne parle que de celle pour qui c’est un choix ici, absolument pas de gens au chômage, qui n’arrivent pas à (re)trouver un travail). Ce choix, je le respecte oui, mais j’ai du mal à le comprendre, parce qu’il est très éloigné de ce que je suis et ce que je veux. J’ai du mal à comprendre qu’on puisse s’épanouir sans avoir une vie professionnelle à soi, des collègues, un salaire, une indépendance financière. Alors oui, élever ses enfants, les voir grandir, s’occuper d’une maison, c’est peut-être bien un métier à part entière, qui a ses avantages, sûrement. Peut-être que moi aussi, quand j’aurais un bébé, je choisirais, comme beaucoup de femmes ici d’ailleurs (pour des questions d’argent bien souvent, le coût des modes de garde étant exorbitant), de rester à la maison les premiers mois, voire années. Mais si c’était le cas, cette vie de maman au foyer, je la vois provisoire, comme une étape, et pas comme une fin en soi. Parce que je pense que le travail, l’enrichissement professionnel, l’indépendance financière finiraient, comme aujourd’hui, bien vite par me manquer cruellement.

Seeds of gold

La semaine passée aura été éprouvante, stressante, le moral en berne, le stress trop envahissant. Les questions qui tourbillonnent, qui empêchent de trouver le sommeil. Mon hyper-sensibilité qui me fait prendre tout trop à cœur, qui accentue tout et empoisonne parfois ma recherche de sérénité. J’aimerais être plus forte parfois, moins apeurée et angoissée par les petits tracas du quotidien. Ma semaine troublée par mes problèmes administratifs, toujours et encore. J’ai fini par craquer devant un énième bureau, j’ai failli fondre en larmes. J’aurais donc perdu un mois à naviguer d’une information fausse et contradictoire à une autre, à rencontrer des gens fermés, obtus, incompétents même parfois. J’ai dû hausser très fort la voix au téléphone pour qu’on daigne me répondre. Tout ça pour rien. En soi, ce n’est pas grave, mais ce fut…usant. Cette semaine, il m’a manqué une amie, là, tout près de moi, pour aller boire un thé et manger un Cheesecake et parler de tout, de rien, lui parler de nous, de mes envies, de mes peurs. Parce que parfois, les mails et Skype ne suffisent pas.

Et puis, là, à l’aube de cette nouvelle semaine qui débute, une semaine de vacances avec le début du « autumn break » de deux semaines ici, j’ai envie d’ouvrir la fenêtre et d’aérer en grand mes pensées et de ne garder que les graines de soleil parsemées ici et là dans une semaine un peu grise.

Les journées ensoleillées de l’automne, le ciel bleu et les arbres que j’aperçois de ma fenêtre. Profiter du temps clément pour aller s’aérer au bord du Rhin et marcher, marcher, marcher, jusqu’à sentir son esprit un peu plus apaisé.

Les revoir sur Skype et passer une bonne heure à papoter comme si j’étais là, avec elles, rire, s’échanger les derniers ragots, prendre des nouvelles et juste profiter de les voir. Elles me manquent tant, et j’étais si heureuse ce soir là de les revoir enfin.

Profiter d’un rendez-vous médical en France pour s’offrir des plaisirs gras et ne pas être raisonnable en allant faire un peu de shopping. Mais voilà, c’était trop tentant. J’avais envie d’un chemisier tout simple bleu clair, un gilet camel pour l’agrémenter, oh tiens un joli top imprimé au motif automnal et ce gilet tout doux bordeaux qui irait si bien avec. Renouer avec ce plaisir devenu trop rare du shopping comme ça, juste pour se faire plaisir, et aussi, soyons honnêtes, pour se faire du bien au moral.

Le temps qui se rafraîchit dehors, et renouer avec le thé dégusté après le repas. Un de plus dans la journée, décidément, je suis une thé-addict.

Le rituel du vendredi, celui du rendez-vous sur Skype mère/fille. On a chacune une tasse de thé, qu’on déguste devant l’écran. On se raconte notre semaine, les détails qui ne tiennent pas toujours dans un mail. Elle trouve toujours les mots, là derrière l’écran, pour me remonter quand je suis un peu en bas, pour me rassurer quand je suis angoissée.

Lire après son départ au travail, au chaud sous la couette, avant d’aller prendre un petit-déjeuner. Lire le soir avant de dormir, rituel devenu indispensable. Parfois, deux heures, parfois à peine quinze minutes.

Lui avoir fait aimer AaRON et écouter ensemble ce groupe si cher à mon cœur. La balade en voiture le long du lac de Zürich en musique. Les mots et les notes qui touchent toujours le cœur et le font battre vite.

Ce verre en terrasse en guise de petit apéro sur cette place ombragée avec de l’orgue en fond sonore qui donne une ambiance de fête foraine un peu rétro.

L’odeur du poulet rôti qui embaume tout l’appartement et le goût vanillé de sa panacotta.

Le dimanche qui fait du bien. Tout se dire, même ce qui fait un peu mal parfois, se heurter et se retrouver. Se retrouver, parler, avancer ensemble. Etre heureux, là, ensemble, ici.

La balade autour du lac, les montagnes pour horizon, tomber un peu amoureuse de cette ville si charmante au bord de l’eau. Flâner au soleil, s’asseoir sur un banc pour regarder le paysage sans avoir besoin de parler, juste nos mains qui se frôlent.

(bande son – AaRON – Seeds of gold

Photos personnelles (à l’exception de la première trouvée sur Pinterest)

Lost in translation

Je ne sais plus comment j’étais tombée sur cet article, mais je me souviens avoir lu à mon arrivée ici un article sur les différentes phases vécues lors d’une expatriation. Et puis, cet après-midi, alors que je suis déprimée, agacée, énervée, angoissée, un peu tout ça en même temps, j’ai repensé à cet article et tout est devenu plus clair. Je crois que je suis entrée dans la deuxième phase. Celle de la crise, du choc culturel, de l’incompréhension.

Là, maintenant, aujourd’hui, je donnerais tout pour revenir à notre vie d’avant, à ma vie d’avant, retrouver mes repères, mon boulot, mes collègues, ma famille. Pouvoir aller se balader dans les rues de Rouen et entrer dans les boutiques familières. Se faire un petit plaisir shopping, comme ça, pour rien, juste par envie. Ne pas se sentir en décalage, avoir l’impression de maîtriser la situation. Parce qu’en ce moment, je me sens perdue, et même un peu rejetée pour tout dire.

Et pourtant, rien de grave non. Juste des tracasseries administratives qui me font passer d’interlocuteur en interlocuteur et me pourrissent la vie. Et ces mots au téléphone qui font mal. Ces mots qui disent qu’on ne comprend pas bien ce que je fais ici, pourquoi je suis venue ici alors que nous ne sommes pas mariés et que je n’ai pas de travail pour être indépendante financièrement. On me dit l’inverse de ce qu’on m’a confirmé à maintes reprises en France. On me balade d’un endroit à un autre, on persiste à communiquer en dépit du bon sens et de la politesse dans une langue que je ne maîtrise pas alors qu’on me comprend suffisamment pour me répondre.

Je me sens un peu perdue ces derniers jours, comme perdue au milieu d’une foule, dans le brouhaha et le tumulte. Peut-être que je prends tout trop à cœur, que je suis trop sensible, sans doute oui. Mais là, aujourd’hui, maintenant, je donnerais tout pour retrouver notre vie en France. Je n’ai pas de regrets, non, juste de la nostalgie et disons-le, un peu le mal du pays.

Et puis, tout cela joue aussi sur mon moral, et parfois je craque, comme ça, pour rien. Dans ces moments-là je me déteste, j’aurais presque envie de me mettre des claques. Cette hypersensibilité couplée à mes hormones qui font le yo-yo avec mes problèmes de thyroïde n’arrangent rien. Ces fois où je prends les choses trop à cœur, où je réagis trop fort, où je m’énerve, où on dirait une petite fille qui fait un caprice. Je regrette rapidement, la sensation d’être injuste, d’avoir gâché un bon moment, et puis de devoir lui faire supporter cette partie de moi que je soigne, mais qui reviens me hanter encore.

Alors je me raccroche au positif, à ce qui me donne de la force. Parce que même si je n’ai pas un vrai travail, pas encore non, je ne suis pas restée les bras ballants à profiter de son salaire confortable et je continue chaque jour à chercher mieux, plus. Parce que quand je flanche, il est là pour m’épauler, me rassurer, me soutenir et que j’ai de la chance aussi. Je me dis que ça va s’arranger, oui.

Autour d’une petite robe noire

Les mots viennent parfois des choses les plus anodines sans qu’on sache vraiment pourquoi. Comme une robe.

La forme est simple, et peut paraître trop simpliste pour certain(e)s mais peu m’importe. La couleur, noire, pourtant n’est plus autant dans mes habitudes. Je le délaisse de plus en plus souvent, pour le bleu, le bordeaux, et les teintes camel, pour les sacs et les chaussures notamment. Mais voilà qu’elle est apparue au détour d’une visite nocturne sur le site d’une boutique fétiche. Elle était là, juste une petite robe noire en cachemire. Un nœud en satin à nouer derrière, une coupe parfaite pour moi. Depuis, je m’imagine la porter lors d’une journée d’hiver agrémentée de bottines camel et d’un rouge à lèvres rouge vif. Elle confirme, si besoin est, mon goût de plus en plus affirmé pour les pièces simples, sobres, élégantes, sans fioritures ni sans trop d’imprimés débordants.

La simplicité, la douceur, la sobriété, l’élégance, la bienveillance. Voilà ce que j’aspire à cultiver encore davantage dans cette trente-deuxième année de vie qui s’amorce.

Comme ce dimanche à l’ambiance automnale où l’on pourrait presque deviner les couleurs mordorées que prendront les feuilles d’ici quelques semaines. Un dimanche tout simple, pour ne pas penser au lendemain qui fait un peu peur et qui intimide. Un dimanche où on part s’aérer pour ne pas tomber dans le piège des « et si » et des remises en question perpétuelles et empoisonneuses. Juste profiter de ce moment partagé et se laisser séduire par une toute petite ville typique lovée au bord du Rhin. Et le partage qui fait sourire, celui de lui faire aimer mes artistes fétiches et indispensables.

Cultiver la bienveillance envers soi en se donnant le temps d’apprivoiser un nouvel environnement si différent. Le temps de trouver une place en espérant bien fort que tout ça n’est que le début. Lutter contre cette vague de tristesse et de nostalgie qui m’envahissent quand je m’assois sur les fauteuils rouges d’une salle un peu trop silencieuse et inconnue. Je repense à nos fauteuils bleus, à cette salle pleine de défauts, mais toujours chaleureuse, remplie de rires et des collègues devenues amies et elles me manquent plus encore. Il faut apprendre la patience, l’adaptation qui demande toujours du temps et de l’implication. Ne pas trop s’appesantir sur cette sensation étrange de n’être que de passage, un peu à part, et sur cette sensation de se sentir un peu mal à l’aise une fois les quarante minutes de cours terminées pour la journée. Croire que ce n’est qu’un commencement, que la première étape d’une route que j’espère longue et enrichissante.

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Pour les curieuses, la robe est ici.

Et puis, je me suis aussi lancée un défi, celui d’écrire un peu chaque jour. Pour lire ces petites pastilles du quotidien, j’ai créé une page ici et un Tumblr . L’idée n’est pas de remplacer les notes publiées ici, mais de les compléter, les inspirer parfois, toujours avec l’envie d’écrire et de partager.