Les petits riens

Source

Quatre jours de pont au petit goût de vacances. Le soleil, des grillades au barbecue. Une balade entre Rhin et forêt de dix kilomètres et une bière fraîche dégustée sur le balcon. Le lac de Zürich et les belles maisons autour et se prendre à rêver tout haut « ah si on était riche… ». La première baignade dans le Rhin, enfin seulement les mollets. Le petit restaurant français caché au fond d’une ruelle de Constance. Les fraises et framboises avec du sucre (et parfois un peu de chantilly). Chanter « Galway Girl » à tue-tête. Le retour des salades composées midi et soir. Le guacamole maison dans le burger ou avec du saumon fumé ou tout simplement juste comme ça. Renouveler un peu la garde-robe fatiguée de l’été. Oser les shorts pour essayer de faire taire les complexes. Lire et acheter des livres. Dévorer le dernier Kate Morton en trois jours. Des jolies espadrilles chez Esprit. Les marinières. L’air frais quand on ouvre enfin les fenêtres le soir. L’odeur de la pluie d’orage. Acheter des plantes aromatiques (coriandre, basilic, ciboulette, thym, menthe) et de la lavande pour le balcon. Conduire la fenêtre ouverte. La limonade au citron. Le rose des ciels d’été. Craquer pour un nouveau mug parce que je n’ai pas pu résister à la phrase « Live, Love, Read ». Une orchidée blanche. Chercher un restaurant pour fêter nos quatre ans.

Lectures (1)

J’ai envie de vous parler de livres ici. De partager de temps en temps, sans rythme de publication établie, des histoires que j’ai aimé, des livres qui m’ont fait m’évader pendant plusieurs heures. Parce que la lecture fait partie de mon quotidien. Pour cette première note lecture, je vous parle (brièvement) des livres lus depuis ces derniers mois.

Crédit – Ben White

Les vrais coups de cœur

¤ Robert Galbraith – La série des enquêtes de Cormoran Strike 

L’Appel du Coucou : Lula Landry, jeune mannequin en pleine gloire, est retrouvée morte au pied de son domicile, décédée à la suite d’une chute du balcon de son appartement. L’enquête policière conclut à un suicide. Mais John Bristow, frère de la défunte, est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre. Il engage alors un détective privé, Cormoran Strike. Aidé de sa jeune et toute nouvelle secrétaire Robin Ellacott, Cormoran va peu à peu détricoter les mailles de cette affaire plus complexe qu’elle n’en avait l’air au premier abord.

Le Ver à soie : Leonora Quine, femme de l’écrivain Owen Quine, engage le détective privé Cormoran Strike à la suite de la disparition de son mari dix jours plus tôt. Avec l’aide de sa secrétaire Robin qui va petit à petit se muer en apprentie, Cormoran va tout d’abord découvrir le corps de l’écrivain, atrocement mutilé, dans un atelier d’artiste que la victime détenait avec un collègue écrivain. 

La Carrière du mal : Robin Ellacot, secrétaire et associée dans les faits du détective privé Cormoran Strike, reçoit un paquet contenant une jambe féminine sectionnée accompagnée d’une lettre. Cet indice met le détective sur la trace de trois de ces anciennes connaissances. Un jeu de chat et la souris va se mettre en place entre l’homme ayant envoyé la jambe et Robin qu’il ne cesse de traquer, Cormoran faisant tout pour tenter d’éloigner au maximum sa secrétaire du danger.

Je triche un peu car j’ai dévoré ces trois romans policiers en novembre dernier, mais j’ai eu un tel coup de cœur que ça aurait été dommage de les laisser de côté. Robert Galbraith, c’est en réalité J.K Rowling et cette seule mention suffit à donner envie à beaucoup de lire ces romans policiers. Ce n’était pas mon cas parce que je n’ai pas lu Harry Potter et que je reste totalement hermétique à cet univers de magie. Ce qui m’a attiré davantage, c’est le style policier et les très bonnes critiques que j’ai lu ici et là. J.K Rowling a tout d’abord écrit de très bonnes intrigues policières que j’ai eu du mal à lâcher, tant les fausses pistes se multiplient jusqu’aux révélations finales, toujours inattendues. Et puis, il y a les personnages. Attachants, imparfaits, humains en somme que l’on prend un grand plaisir à retrouver dans les différents romans. Cormoran Strike, un ex-lieutenant de l’armée, amputé suite à la guerre reconverti en détective, prêt à mettre la clé sous la porte au début du premier roman est à la fois impressionnant par son intelligence et touchant par ses failles. Il est épaulé par Robin, une jeune intérimaire qui débarque à l’agence pour quinze jours et finit par se prendre de passion pour la carrière de détective. Au fil des intrigues, on découvre également le passé de Robin et le troisième roman lui laisse une place plus importante  à mon plus grand plaisir. Bref, je suis devenue une fan inconditionnelle de Cormoran Strike et j’attends avec beaucoup d’impatience la sortie du quatrième tome (d’autant plus que la fin du troisième volume est pour le moins…frustrante !). A noter aussi qu’une adaptation sera bientôt diffusée sur la BBC avec Tom Burke et Holliday Grainger.

¤ Iona Grey – Lettres à Stella

À la nuit tombée, fuyant la violence de son compagnon, une jeune femme court dans les rues glacées de Londres. Jess n’a nulle part où aller. Surgissant dans une ruelle déserte, elle trouve refuge dans une maison abandonnée. Le lendemain matin, le facteur glisse une lettre mystérieuse par la porte. Incapable de résister à la tentation, Jess ne peut s’empêcher de la lire et se retrouve plongée dans une histoire d’amour d’un autre temps. 1943. Dans une église de Londres  bombardée par le Blitz, Stella rencontre Dan, un aviateur américain. Très vite, ils sont irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Leur histoire est a priori impossible. Rien ne joue en leur faveur : elle vient de se marier à un pasteur, lui n’a qu’une chance sur cinq de sortir vivant de cette guerre. Perdus et sans repères, la seule chose à laquelle les deux amants peuvent s’accrocher sont les lettres qu’ils s’écrivent, promesses d’un bonheur à venir. Le temps a passé, le destin est cruel, mais Jess est déterminée à savoir ce qui leur est arrivé. Inspirée par cet amour, portée par son enquête, elle trouvera à son tour les clefs d’un avenir meilleur.

Ma première lecture de l’année 2017 a été un véritable coup de cœur et j’avais vraiment envie de vous parler un peu de ce roman, d’autant plus qu’il sort en poche très bientôt. J’ai été happée par cette histoire d’amour toujours belle, jamais niaise, mais entière et très émouvante. J’aime les romans qui me font voyager à différentes époques et j’ai retrouvé cet aspect avec plaisir dans l’intrigue qui se passe à la fois aujourd’hui à Londres et pendant la Seconde Guerre mondiale. Jess et Stella, les deux héroïnes, sont des femmes fortes, qui vivent chacune des moments difficiles. Jess, victime d’une relation toxique, se retrouve seule, démunie et effrayée dans les rues de Londres. Stella, douce et gentille, se retrouve piégée dans un mariage sans amour. Sur les traces de Jess, on suit avidemment l’histoire d’amour de Dan et Stella et la fin m’a énormément émue. Jamais mièvre, toujours fin et juste, ce livre est une pépite. Et je garde toujours dans un coin de ma tête cette phrase qu’écrivait toujours Dan dans ses lettres à Stella : « prends soin de toi pour moi ».

De jolies histoires et des romans que j’ai aimé

¤ Katherine Webb – La Vérité autour d’Alice

Angleterre, 1821. En épousant Richard, Rachel Crofton croyait enfin échapper à son destin de gouvernante. Mais derrière le commerçant affable se cache un homme colérique et opportuniste… Pour tromper l’ennui, Rachel accepte la proposition de lady Alleyn de lui faire rencontrer son fils reclus, Jonathan, vétéran de la guerre d’Espagne. Dès sa première visite, Rachel comprend que les apparences masquent de profondes failles : pourquoi Jonathan réagit-il si vivement à sa vue ? Qui était Alice, sa fiancée disparue et à qui Rachel ressemble si fortement ? Décidée à percer le secret de la maison Alleyn, Rachel n’a bientôt plus qu’une idée en tête : découvrir la vérité à propos d’Alice…

C’est le troisième roman que je lis de cette écrivaine. Si le premier, L’Héritage, m’avait beaucoup plu, j’avais été moins convaincue par Pressentiments. Dans La Vérité autour d’Alice, on retrouve des thèmes qui me sont chers : des secrets à percer, une héroïne attachante, des histoires qui s’échelonnent dans le temps. Katherine Webb m’a emmené avec elle et j’ai eu du mal à refermer ce livre tant j’avais envie de percer le secret sur l’identité d’Alice. J’ai également aimé découvrir l’atmosphère dépeinte dans le roman, celle du début du XIXe siècle en Angleterre ainsi que le thème des blessures psychologiques des guerres napoléoniennes à travers le personnage de Jonathan. L’atmosphère est souvent sombre, comme les journées brumeuses et humides de Bath où se déroule l’intrigue et les thèmes abordés difficiles. Malgré quelques longueurs, c’est un roman que j’ai beaucoup aimé.

¤ Hannah Richell – Un fragile espoir

À 25 ans, Dora mène la vie rêvée d’une jeune Londonienne : un fiancé attentionné, un travail épanouissant, une belle maison au cœur de la ville et un bébé prévu pour l’hiver… Pourtant, son passé la hante encore. Quinze ans plus tôt, Alfie, le jeune frère de Dora, a mystérieusement disparu sur la plage alors que sa sœur Cassie et elle devaient le surveiller. Décidée à vaincre ses fantômes avant l’arrivée de son bébé, Dora retourne sur les terres de son enfance et emprunte le douloureux chemin qui la mènera vers la vérité… 

J’aime les histoires qui parlent de familles, de secrets comme le montrent mes lectures. C’est donc ce qui m’a attiré dans ce roman. Plus que la vérité autour de la disparition d’Alfie, c’est surtout l’histoire de comment une famille survit à un tel drame qui m’a plu et qui m’a fait aimer ce livre. Les personnages sont attachants, et je me suis parfois retrouvée en Dora dont le regard nous accompagne pendant la lecture. Peut-être parfois trop prévisible, avec une fin peut-être trop heureuse, cela reste un livre que j’ai apprécié.

¤ Kathryn Hughes  – Il était une lettre

Tina est malheureuse auprès d’un mari trop porté sur la boisson et souvent violent. Le week-end, elle se réfugie dans une boutique caritative. C’est alors que sa vie bascule lorsqu’elle y découvre une lettre dans la poche d’un vieux costume. Cette lettre n’a jamais été ouverte, le timbre n’est pas cacheté et elle date de septembre 1939 : c’est une demande en mariage. Très émue que la destinataire n’ait jamais reçu cette demande, Tina va mener l’enquête et découvrir l’histoire bouleversante d’un amour impossible… 

J’ai dévoré ce livre en deux jours à peine et c’est une jolie histoire qui se lit très vite. Trop vite peut-être car ce livre, prenant, attachant, manque néanmoins de profondeur pour en faire un vrai bon livre. L’intrigue est un peu caricaturale par moment, les personnages manquent parfois de finesse et de profondeur. Néanmoins, c’est prenant, bien mené. On a envie de connaître la suite. Une lecture plaisir.

¤ Joël Dicker – La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. 

Difficile de passer à côté tant on a parlé de ce roman et de son écrivain. Je crois qu’il y a vraiment deux camps : ceux qui ont aimé et ceux qui ont détesté ce livre. Je dois me ranger dans le premier camp, même si je n’ai pas eu le coup de cœur absolu, notamment en raison du style que je trouve un peu faible. Notamment sur le personnage de Nora auquel j’ai eu souvent du mal à m’attacher véritablement. En revanche, j’ai été très vite emportée par l’intrigue et j’ai dévoré le livre en quelques jours tant j’avais envie de connaître la fin. Certains développements m’ont surpris, j’en avais deviné d’autres (notamment concernant Nora et sa mère). Si vous aimez les romans policiers et les histoires bien ficelées, je ne peux que le conseiller.

Des classiques qui m’ont déçu 

¤ Anne Brontë – Agnès Grey

Élevée au sein d’une famille aimante, la jeune Agnès Grey, fille d’un pasteur ruiné du nord de l’Angleterre, décide de tenter sa chance dans le monde en se faisant gouvernante. Pleine de bonnes intentions mais inexpérimentée, elle se heurte bien vite à l’hostilité des Bloomfield, une famille de commerçants enrichis, égoïstes et snobs. Désarmée face à l’indiscipline des enfants gâtés dont elle a la garde, elle sera renvoyée au bout de quelques mois. Sans désemparer, et dans l’obligation de subvenir à ses besoins, elle trouve alors un emploi chez les Murray. Jusqu’à l’arrivée du jeune vicaire Edward Weston…

Des soeurs Brontë, j’ai énormément aimé Jane Eyre de Charlotte. J’ai depuis longtemps l’envie de découvrir les deux autres sœurs et mon choix s’est porté sur Anne et sur son roman inspiré de son expérience de gouvernante. Je dois dire que j’ai été déçue, notamment par le style (un peu) froid qui manque cruellement du souffle romanesque et mystérieux que j’aime tant dans Jane Eyre. Le personnage d’Agnès est souvent bien trop passif et son caractère accommodant m’a parfois agacé. Anne Brontë était fille de pasteur et cela ressent dans son écriture avec de trop nombreuses références religieuses qui deviennent lassantes (surtout pour une athée comme moi). L’intrigue amoureuse est développée de manière superficielle et la fin bien trop abrupte. On aimerait par exemple qu’elle développe davantage le personnage de Weston qui reste finalement une figure lointaine, leurs rencontres dans la dernière partie du roman étant à peine esquissées également. Je me rends compte que ma critique est pour le moment très négative. Le livre est néanmoins intéressant sur la condition des gouvernantes et certains passages se lisent avec beaucoup de plaisir. Malgré ma déception, j’ai toujours envie de lire le deuxième roman d’Anne Brontë dont j’ai lu par ailleurs de bonnes critiques.

¤ Alexandre Dumas – La Reine Margot

1572. La France des guerres de religion est devenue le champ clos des grands seigneurs et des prétendants au trône. A Paris, le jeune roi protestant de Navarre, le futur Henri IV, vient d’épouser Marguerite de Valois, dite Margot ; mariage politique qui n’empêche pas les Guise et le roi Charles IX de fomenter les horreurs de la Saint-Barthélemy. Sur les pas du jeune comte de La Mole, dont s’éprend éperdument la belle Margot, et de son compagnon, le tonitruant Annibal de Coconnas, nous entrons dans ce labyrinthe d’intrigues, d’alliances, de trahisons.

J’avais ce livre dans ma bibliothèque depuis des années. J’avais aimé le film avec Adjani, la période m’a toujours intéressée. Je n’avais jamais lu de roman de Dumas. Et quelle déception. Il m’a fallu plus d’un mois pour finir ce livre. A vrai dire, je ne sais pas encore pourquoi j’ai tant tenu à le finir… J’ai détesté le style et l’écriture. Les personnages m’ont paru très caricaturaux, les intrigues rédigées de manière brouillonne. Peut-être aurais-je dû lire Les Trois Mousquetaires finalement…!

Dans ma PAL

Kate Morton, La maison du lac – dire que j’attends avec impatience la sortie en poche du dernier roman en date de mon écrivaine fétiche serait un euphémisme…

Joël Dicker, Le secret des Baltimore – j’ai hâte de retrouver Marcus Goldman et le style addictif de Joël Dicker.

Daphné du Maurier, Rebecca – j’ai craqué pour la nouvelle édition poche de ce roman que j’aime beaucoup et que j’ai très envie de relire à cette occasion !

Clare Clark – Retour à Ellinghurst – une belle couverture, un roman qui se passe au début du XXe siècle en Angleterre, des secrets de famille, il n’en fallait pas plus pour me convaincre d’ajouter ce livre à ma PAL.

Vous pouvez aussi suivre mes lectures sur Goodreads 

Avril

 

Crédit – Apeirophilia – Flickr

Chère Céline,

Tu as eu envie de recommencer un blog, une fois de plus. Tu ne sais pas encore si tu arriveras à écrire régulièrement, et pour être honnête, tu es un peu terrifiée par ce syndrome de la page blanche qui semble te hanter trop souvent. Et puis, ton manque de confiance en toi fait que parfois, quand tu lis les mots des autres, tu les trouves bien plus jolis et les tiens te paraissent si maladroits. Et puis, tu secoues la tête pour chasser ces petits nuages noirs. Parce que tu sais au fond que chacun a sa place, sa voix, et que la tienne ne vaut pas moins qu’une autre. Alors, tu respires, tu mets une jolie chanson qui te fait sourire, et tu écris.

Tu regardes par la fenêtre, il pleut, c’est comme ça depuis trois jours. Tu es un peu triste, car tu aurais aimé pouvoir profiter du soleil pour ta deuxième semaine de vacances. Tu repenses avec un pincement de nostalgie que la semaine d’avant, tu étais en Normandie. Tu souris en repensant à cette semaine où tu as ajouté de jolis moments à ta boîte de souvenirs. Tu penses à la complicité que tu partages avec ta mère, et tu te sens chanceuse aussi parce que tu sais que d’autres n’ont pas ta chance. C’était chouette de partager ces balades en ville avec elle, d’aller au restaurant, de boire du thé, de parler de sujets graves ou totalement futiles, de faire du shopping, de lui offrir cette dernière soirée dans votre crêperie fétiche. Ce n’était pas facile de repartir. Même si tu as retrouvé ta moitié, ta vie de l’autre côté de la frontière – et cette vie, tu l’aimes, tu es fière de ce que tu as accompli – tu ne peux pas empêcher les larmes de perler à tes yeux sur le quai de la gare et de ressentir le manque, la nostalgie aussi.

Tu penses beaucoup aussi, c’est ça quand tu as du temps à toi. Tu penses à l’avenir. Tu fais des projets, tu imagines des scénarios, tu crains parfois, tu espères aussi. Tu te sens bien plus sereine depuis que tu sais que tu auras un travail à mi-temps à l’école à la rentrée. Tu es fière aussi d’avoir réussi à te construire une petite carrière toute seule ici. Tu es reconnaissante aussi, parce que tu peux t’appuyer sur un roc solide et plein d’amour et de confiance en toi. Tu es heureuse. Tu es amoureuse et épanouie.

Tu te regardes dans le miroir d’un œil trop souvent critique, parfois encore trop exigeant. La bienveillance envers soi est un long chemin. Tu as encore quelques kilos à perdre pour te sentir mieux, mais tu sens que tu as repris le contrôle de ton corps un peu malmené par les hormones thyroïdiennes depuis deux ans. Tu trouves que ta cicatrice se voit encore bien trop, et comme la patience n’est pas ton point fort, tu attends avec impatience qu’elle ne soit plus qu’un lointain souvenir. Tu as coupé tes cheveux et tu sens très bien avec ce carré court, comme si tu t’étais un peu retrouvée, et puis ça te donne bonne mine te dit-on alors… Tu es ravie de voir des marinières un peu partout dans les magasins, et tu en as déjà ajouté deux à ta garde-robe.

Tu as renoué le fil d’une amitié abîmée, à distance. Elle te manquait, alors tu es heureuse d’avoir de nouveau ce lien entre vous. Malgré tout, tu restes un peu prudente. Le passé t’a appris que son mal-être pouvait être si envahissant, presque toxique. Elle ne va pas bien à nouveau et ça te rend tellement triste. Tu l’écoutes, tu l’encourages, tu la conseilles, mais tu n’as plus peur comme avant de lui dire quand tu penses qu’elle a tort. Tu aimerais tant qu’elle soit épanouie, heureuse. Que votre relation soit vraiment comme avant. Même si tu sais que ce n’est pas possible, car tu as changé, tu n’es plus la même, et puis elle aussi a changé. Tu aimerais qu’elle puisse elle aussi  enfin connaître le bonheur d’être aimée et d’aimer.

Quand tu as commencé à écrire cette lettre, tu t’es inspirée d’un chapitre du livre de Sara Bareilles et d’une de ses chansons. Cet hiver, tu as lu son livre que tu as beaucoup aimé. Tu as aimé la personne sincère, généreuse, honnête, qui se livre toujours avec pudeur et émotion à travers ses chansons et ses mots. Tu as été si touchée par ce chapitre dans lequel elle partage une série de lettres qu’elle écrit à elle-même à différents moments clés de sa vie que tu as eu envie à ton tour de t’essayer à cet exercice. Peut-être que tu continueras à t’écrire ainsi. En attendant, tu écoutes cette chanson.

 

Recommencer

Une page blanche à remplir. Un nouvel espace à créer. Et toujours cette question du comment (re)commencer. Et puis, je me suis souvenue d’une conversation sur Twitter entre deux blogueuses que j’aime énormément, Célie et Camille. La première suggérait une liste de j’aime pour inaugurer un nouveau blog et je me souviens avoir trouvé l’idée très chouette et je l’ai gardée dans un coin de tête en me disant « tiens, si un jour je retrouvais un peu l’inspiration pour poser à nouveau quelques mots sur la toile… ». J’ai aimé cette idée aussi parce qu’elle correspond assez bien à l’atmosphère que j’ai eu envie de recréer ici. Un espace simple, épuré, pour y consigner petits (et grands) sourires et bonheurs, plaisirs simples, envies, lectures, doutes et interrogations, escapades. La vie, ma vie, le plus simplement et le plus sincèrement possible. A celles qui me sont toujours fidèles, merci. A ceux qui me découvriront ici, bienvenue.

Crédit : Artem Kovalev – Unsplash

J’aime…

Les promenades au bord de l’eau. Il y a eu la Seine, la petite rivière que l’on voyait depuis notre canapé. Aujourd’hui, c’est le Rhin qui est le décor de mes promenades et respirations quotidiennes.

Lire. Tous les jours, ou presque. Lire ce qui me fait envie, sans rien s’interdire, sans snobisme ni barrières ni idées préconçues. Ce plaisir de lire m’accompagne depuis l’enfance, j’ai renoué avec il y a quelques années et aujourd’hui, lire fait partie de ces respirations-plaisirs indispensables.

La mer en hiver. Quand la plage est déserte, que le vent souffle et que l’on regarde les vagues emmitouflés avec une écharpe et un bonnet. L’air frais, pur, qui semble chasser un peu les pensées et remettre tout en perspective.

Découvrir. Enseigner. Transmettre. Partager. Cultiver la bienveillance et les sourires. La gentillesse, qui passe trop souvent pour une faiblesse mais qui est une force pour moi. Le plaisir simple des moments sans prétention et d’une vie calme.

La gourmandise d’une crêpe à la crème de marrons, celle de manger du Nutella à la cuillère. Boire des mugs de thé, tous les jours. Notamment du Earl Grey qui restera mon thé fétiche à jamais.

Les achats réfléchis-plaisir. Ne plus céder aux impulsions, savoir écouter le moindre doute et reposer le vêtement sur le rayonnage. Essayer de mieux consommer aussi.

Un joli rouge à lèvres. Un peu de maquillage. Sourire en se regardant dans la glace en se trouvant un peu jolie. Hausser les épaules en se disant que je ne serais jamais cette fille qui sait appliquer un trait d’eye-liner sur ses paupières qui resteront probablement vierges de ce trait noir pourtant si répandu.

L’odeur des draps propres. L’odeur du gazon juste tendu. L’odeur de mon parfum. L’odeur de son parfum. Son odeur sur l’oreiller.

Ecouter la radio en travaillant. Ecouter de la musique. Chanter à tue-tête parfois. Regarder des live de Sara Bareilles et se dire, toujours, qu’elle est tout simplement parfaite

Nos escapades en France. Strasbourg et l’Alsace. Revoir la Normandie. Les petits plaisirs simples comme celui de manger un vrai pain au chocolat ou d’entendre parler français.

Rêver, imaginer, penser. Rire. S’aimer et faire des projets.

La nouvelle année

Le 1er janvier 2017,  

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source – freestocks.org

Les yeux encore un peu fatigués par la nuit un peu courte et les coupes de champagne partagées en famille pour fêter l’année écouler et annoncer la nouvelle, je profite de ces instants de calme, de cet entre-deux du matin du premier jour de l’année pour renouer enfin avec les mots. Je n’ai jamais été très douée pour les résolutions de la nouvelle année, immanquablement remisées au fond d’un tiroir. La faute à mon inconstance, et puis, au quotidien que je laisse sans doute trop me diriger parfois.

Alors, le dernier jour de 2016, je suis allée dans cette papeterie de ma ville natale que j’aime tant (la papeterie et la ville d’ailleurs), et je me suis offert un bel agenda Moleskine à couverture souple rouge. Une page, un jour. Un beau stylo qui glisse sur le papier pour l’accompagner. Ecrire un peu chaque jour. Parfois beaucoup, parfois quelques mots, des petits riens, des questionnements existentiels. Et avec l’envie, aussi, derrière tout ça, d’insuffler un peu (il serait temps non ?!) un peu de régularité à cet espace dont je n’ai décidément pas envie de me passer.

Décembre a été froid, brumeux et les vacances et la respiration d’une escapade dans nos familles en France attendues avec chaque jour un peu plus d’impatience. Et enfin, la route, les kilomètres avalés, les noms et paysages familiers. Et ce ciel doré pour nous accompagner à la tombée de la nuit. Une première semaine de vacances-repos-allons voir la mer car elle n’est jamais aussi belle qu’en hiver. Et puis Rouen, si belle avec les lumières de Noël et ses quais aménagés. Revoir mes amies, boire un cocktail et rire. La pizzeria fétiche et les rues pavées. Notre 31 en famille et savourer ces moments-là. Déguster une galette avant de repartir. Profiter de mes parents. S’aimer et pencher ma tête sur son épaule ou caresser doucement sa main. Commencer le premier livre de 2017. S’aérer en forêt.

Et puis, malgré tout, essayer de tenir ces résolutions-là.

¤ Cultiver la bienveillance, encore et toujours. Et ne plus céder à la critique souvent trop facile.

¤ Développer ma créativité et nourrir mon inspiration.

¤ Insuffler plus de régularité, que ce soit dans le quotidien (et se débarrasser pour de bon de l’ennemie procrastination) ou dans l’écriture.

¤ Prendre soin de moi. En se mettant au sport, par exemple et en faisant régulièrement.

¤ S’apaiser.

Dimanche

Un jour d’automne, le froid qui pointe le bout de son nez. Chausser les baskets et s’emmitoufler dans une écharpe. Ciel bleu, soleil, lumière dorée, reflets dans le Rhin. Les feuilles qui crissent sous nos pas. Marcher, respirer, remplir ses poumons d’air pur. Savourer cette chance de vivre là, à quelques minutes de ces paysages apaisants.

Je vous emmène ?

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Photos personnelles.

Les envies de l’automne

L’automne est sans hésitation ma saison préférée. Les couleurs des arbres, le froid qui revient, ressortir les plaids et le thé, les collants, les pulls et les écharpes. Se promener en forêt et respirer l’air frais. Boire des litres de thé. Alors, j’avais envie de vous faire partager mes envies, petits plaisirs et coups de cœur de ce mois d’octobre…

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Du thé

L’automne, c’est le plaisir de retrouver mes thés préférés : mon incontournable de l’automne / hiver reste le thé Oolong châtaigne de chez Dammann, sans doute ma marque fétiche de thé. Chez Dammann, je suis aussi une inconditionnelle du Earl Grey, un classique totalement indispensable à mes yeux, c’est bien simple, je ne peux pas vivre sans thé Earl Grey ! J’ai aussi très envie de refaire connaissance avec leur thé Old Man au goût de noisette. Ce thé, avec celui à la châtaigne, je l’ai découvert il y a bien longtemps dans ce qui était mon salon de thé fétiche à Rouen, celui que nous fréquentions assidûment avec mes copines de fac. Nous avons passé des heures à papoter autour de nos théières et de parts de gâteaux faits maison. Parfois, je fais aussi des infidélités à Dammann et la grande amatrice de marrons / crème de marrons / marrons glacés que je suis n’a pas pu résister au thé Rouge d’automne de Mariages Frères aux arômes de marron glacé et vanille, que je trouve gourmand à souhait et qui est parfait pour l’après-midi. Et puis, le soir, j’aime énormément le Rooibos aux amandes de Lov’ organic.

Des mugs

Qui dit thé, dit évidemment mugs ! Mes deux mugs fétiches du moment viennent de chez Starbucks (le classique blanc et vert que tout le monde avait, sauf moi) et d’Hema. Et parce qu’on n’a jamais assez trop de jolis mugs, je rêve d’ajouter ceux-ci à ma collection…

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De la déco

Depuis août, j’ai enfin commencé Gilmore Girls et je suis tombée totalement amoureuse de la série, de ses personnages (qui peut résister à Luke Danes ?) et à l’univers de Stars Hollow. C’est ainsi que j’ai découvert, un peu par hasard, la boutique Etsy de WindowShopGal qui propose ces affiches magnifiques. J’ai bien envie de craquer…

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Pour les soirées froides de l’hiver en Suisse, et si on s’offrait une nouvelle bougie de La Belle Mèche ? J’ai déjà parlé ici de cette marque de bougie que j’affectionne tout particulièrement pour la qualité des bougies et des parfums absolument pas entêtants, moi qui ne suis pas une grande fan des bougies parfumées habituellement. J’hésite un peu entre la nouveauté de la marque, Amande gourmande, et une bougie plus classique et avec un parfum qui sera peut-être plus léger, Bois d’ébène.

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Un peu de mode…

Mes derniers achats ? Une robe et des bottines chez Sézane, une marque que j’apprécie beaucoup et qui me correspond. J’aime le coté simple, épuré, très élégant, un peu classique des pièces proposées. Alors, oui, les prix sont parfois élevés, mais j’ai toujours été ravie de la qualité, et ça, c’est le plus important. Je préfère acheter moins, mais mieux et j’ai banni tous les achats impulsifs, et je me sens bien mieux. Pour cet automne, j’ai également craqué pour un pull moutarde très chouette chez Bonobo (épuisé malheureusement). Voilà bien une couleur que je n’avais pas encore dans ma garde-robe et qui est devenue indispensable en quelques semaines ! J’attends aussi avec impatience que les températures hivernales arrivent pour pouvoir enfin étrenner mon pull  en cachemire de chez Hircus (rapport qualité prix imbattable et en plus c’est une marque française éthique et responsable, vous pouvez y aller les yeux fermés). Et puis, je n’ai pas su résister à une nouvelle paire de New Balance, ma troisième paire déjà !

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Et vous, quelles sont vos envies en cet automne ? Vos derniers achats coups de cœur ?

Mais de tout, je me souviens…

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C’était un dimanche après-midi comme un autre, il faisait beau et on a décidé d’aller marcher en forêt. On parlait de tout et de rien, comme souvent, et puis, on a réalisé que ça faisait plus d’un an que je l’avais rejoint ici et que nous avions changé de vie. On a souri, et on s’est dit que nous étions fiers de nous. Je me suis sentie si légère en disant ces mots si rares chez moi. Je suis fière de nous. Je suis fière de moi.

Je ne suis pas quelqu’un qui a pour habitude de se faire des compliments, qui s’auto-congratule et qui a une solide confiance en soi. Au contraire même, je suis plutôt exigeante et critique envers moi-même. Je doute, je m’interroge, je laisse la peur me freiner et s’immiscer. Alors, ces cinq mots ont un sens, une substance. Ils sont rares, et d’autant plus précieux à mes yeux.

Je suis fière de moi. Fière de nos quinze premiers mois en terre étrangère. De ce que j’ai accompli, de ce que nous avons bâti ici, étape par étape. Quand j’ai annoncé mon départ, quand j’ai expliqué que oui, j’allais le rejoindre, que oui j’allais quitter mon travail, ma famille, mes habitudes, je sais que certains n’ont pas compris. Certains n’ont pas accepté mon choix, l’ont jugé, m’ont jugé. Peut-être que ça partait d’un bon sentiment, celui de vouloir que tout aille bien pour moi. Peut-être que ces personnes se sont inquiétées parce qu’elles tenaient à moi. Mais, je sais aussi que d’autres ont émis un jugement, ont pensé que je faisais une terrible erreur et ne m’ont pas offert le moindre soutien. J’en ai souffert. Aujourd’hui, si je suis fière de moi, c’est aussi en partie pour cette raison. Sans amertume ni supériorité ni jugement. Ou simplement en se disant que s’ils ont réagi ainsi, c’est peut-être qu’ils savaient au fond d’eux-mêmes qu’ils n’auraient pas être capables de partir ainsi et de tout recommencer ailleurs.

Parce que c’était courageux de partir. C’est courageux de changer de vie. Et c’est difficile. On tombe, on se fait mal, on a peur, on a des doutes, on se sent perdu. Parfois, on le regrette même. Mais partir m’a fait grandir. Mûrir. Muer. M’affirmer. Je suis plus forte, je me sens plus solide. J’ai changé. Je me retourne et je regarde la petite fille un peu terrorisée que j’ai laissé de l’autre côté de la frontière avec un sourire nostalgique et le sentiment d’avoir eu raison.

Je suis fière de nous, d’avoir su préserver et faire grandir notre couple malgré la distance et l’expatriation. Je suis fière d’avoir réussi, en une année, à me reconstruire ici. Je suis fière d’avoir un travail qui me plaît, dans lequel je m’épanouis, et qui me permet de retrouver peu à peu une petite indépendance financière. Je suis fière d’avoir su m’adapter à un environnement totalement étranger. Fière et heureuse de prendre plaisir à enseigner le français et de savoir que mes compétences sont appréciées et reconnues. Fière de ce nouveau chapitre, de ces nouvelles rencontres qui m’enrichissent.

Rien n’est parfait, ni achevé. Le chemin est encore long. Notre vie ici n’est encore qu’une ébauche. Il reste tant à faire. La barrière de la langue encore trop présente, les relations qui se nouent encore difficilement. Continuer à avancer, à progresser. Mais, ça, c’est la vie non ? Changer, évoluer, se remettre en question, avancer, progresser, tomber, parfois, mais toujours se relever. Se respecter, s’écouter, découvrir, apprendre. Savourer les petites et les grandes victoires. Etre fière de soi et des autres. S’aimer.

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Toc, toc

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Deux mois sans t’avoir écrit ici. Je pourrais te dire que c’est par manque de temps, mais ça serait te mentir et s’il y a bien une règle que je me suis fixée quand j’ai commencé à bloguer il y a plus de dix ans, c’est bien celle de toujours te dire la vérité. La vérité, c’est que je n’avais pas envie d’écrire, ou que je ne savais pas trop quoi écrire. Ou comment l’écrire. La vérité, c’est que je me suis demandée si j’allais vraiment revenir. Je me le demande toujours un peu d’ailleurs.

Alors, aujourd’hui, je suis là. J’entrebâille la porte, je marche sur la pointe des pieds, un peu timidement. Après de jolies vacances en France, la mer, la Bretagne, quelques balades en Suisse et mes premières baignades dans le Rhin. Un regard sur le calendrier et cela fait déjà un an que je suis ici. Et je me sens tellement mieux que l’an dernier à la même époque, et j’ai aussi envie de revenir pour t’en parler. Une prochaine fois.

Et ces deux mois de silence alors ? Il y a eu la semaine en Bretagne et cette sensation si agréable de lui faire découvrir les endroits que j’aime tant. Se rappeler ces vacances il y a plusieurs années où je me disais que j’aimerais revenir avec mon amoureux, et ce petit frisson qui traverse le corps à l’idée que ça y est, c’est fait. La première soirée, le cidre, une galette de sarrasin aux St Jacques et le coucher du soleil. La côte de granit rose et ses paysages qui m’apaisent toujours autant. Les randonnées qui rendent les jambes endolories, mais font sourire de satisfaction. Une balade pluvieuse en bateau et une île inhabitée entourée de brouillard. Profiter de la France, de nos familles, manger des bonnes choses, rire, faire des photos, aller à la Rochelle. Et puis, le retour en Suisse et la découverte de Lucerne, peut-être que je t’en reparlerais aussi.

J’ai repris le travail, et je prends de plus en plus de plaisir à donner mes cours de français. Pour la première fois, j’ai des élèves de neuf-dix ans et j’adore ce public spontané, enthousiaste et les entendre balbutier des « bonjour, je m’appelle » avec leurs petits accents étrangers. Je travaille plus que l’an dernier, et j’en suis très heureuse.

Et puis, il y a tous ces petits riens. Je me suis enfin décidée à regarder Gilmore Girls et c’est très chouette de faire un tour à Stars Hollow un peu chaque jour.  Et comme je suis un mouton, voir Lorelai et Rory boire des mugs énormes de café m’a donné envie de boire à nouveau un café de temps en temps. J’ai du mal à ouvrir un livre depuis le retour des vacances, et c’est mal. Pendant l’été, j’ai enchaîné les romances légères de chick-litt et maintenant, je ne sais pas ce que j’ai envie de lire. Alors, j’attends que l’envie revienne. J’ai eu un an de plus et de très chouettes cadeaux. J’ai découvert le bonheur de se rafraîchir dans le Rhin, et nos après-midi baignade / bronzage au bord du fleuve vont me manquer quand l’automne aura pointé le bout de son nez.

Septembre est là, je suis là, j’attends l’automne, et tout va plutôt bien. Et toi, comment vas-tu ?

source @helenkorpak

Les (petits) plaisirs #6

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Lire alors que l’orage gronde et la pluie tambourine sur les carreaux. Le dernier roman (ou presque car j’attends la sortie en poche de « La maison du lac ») qui me reste à lire de ma chère Kate Morton. Découvrir un univers, une atmosphère et être transportée. Un hamburger poulet – guacamole – mozzarella. Trinquer à nos trois ans. Acheter deux robes en soldes en espérant qu’elles m’iront une fois arrivées à bon port. Le masque à l’argile du dimanche matin et sentir sa peau toute douce après. Se dégourdir les jambes au bord du Rhin pour admirer le fleuve si haut qu’il recouvre même le banc sur lequel j’aime, l’été, m’asseoir pour lire au bord de l’eau. Admirer, malgré la foule de la saison touristique, les chutes qui se déchaînent comme rarement et qui couvrent toutes nos tentatives de conversations. Les tortillas improvisés pour déguster le reste du guacamole avec un rosé frais. Le plaisir non-coupable de la petite sieste. Cacher un peu les cernes en se maquillant et décider d’enfiler une jolie robe même pour rester à la maison. Déguster un thé sur le balcon et sourire en voyant les adorables chatons de nos voisins courir et jouer dans l’herbe. Retrouver Carrie, Miranda, Charlotte et Samantha avec l’envie subite de revoir, une fois de plus, l’intégrale de Sex and The City. Acheter une romance légère soldée à moins d’un euro sur Amazon. Recevoir la première robe et « ouf » elle me va et « ouf » elle est jolie. Profiter de la douceur du soir pour aller marcher un peu après le dîner, et se retrouver en pleine campagne à cinq minutes en voiture. L’odeur de l’herbe fraîchement coupée. Juillet et les vacances qui pointent le bout de leur nez. Avoir hâte de lui faire découvrir ce coin de Bretagne que j’aime tant.

Et puis, sentir son corps se remettre, évacuer la fatigue et se sentir bien.

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