Cette semaine…

Source – Anthony Tran

…j’ai retrouvé le plaisir de bloguer comme ça, sans me poser un milliard de questions, et ça fait un bien fou.

…j’ai ressorti vestes, pulls et bottines et même si j’aurais aimé que l’arrivée de l’automne soit moins pluvieuse ici, je suis ravie de ressortir les vêtements de cette saison qui est ma préférée.

…j’ai renoué avec le plaisir indicible de rentrer à la maison et d’enfiler un legging et de déguster un mug de thé. L’automne est officiellement là car, symbole ô combien important pour moi, j’ai préparé ma première tasse de oolong châtaigne de la saison !

…j’ai commencé à remplir une petite liste d’envies shopping : du bordeaux, du vert, du camel, du bleu, des pois (toujours), et puis je recherche encore LA petite chemise à carreaux parfaite et ça, c’est plus difficile qu’il n’y paraît car je suis difficile.

…j’ai découvert avec beaucoup de plaisir le dernier album d’Angus & Julia Stone qui est vraiment très très chouette. Il est doux, envoûtant, émouvant, entraînant et je le trouve parfait pour les soirées froides dans le canapé avec une bougie parfumée ou pour les sessions de travail et de préparation de mes leçons.

…j’ai aussi beaucoup aimé la nouvelle chanson de Sara Bareilles composée pour le film Battle of the Sexes avec la parfaite Emma Stone qui incarne dans le film la joueuse de tennis et féministe Billy Jean King. La chanson s’appelle If I dare et je la trouve très inspirante.

…j’ai pris beaucoup de plaisir chaque jour à aller au travail. J’aime beaucoup mes collègues, et tous mes élèves sont dans l’ensemble adorables et motivés. J’aime particulièrement ma petite classe du côté de l’école primaire à qui j’enseigne le français deux fois par semaine, ils sont vraiment gentils, toujours souriants et motivés et je ressors de nos leçons avec le sourire. Ces moments me rappellent toujours à quel point j’aime enseigner.

…je suis en train de relire The Cuckoo’s calling de Robert Galbraith (cette fois-ci en VO) car l’adaptation BBC, diffusée ces dernières semaines, m’a donné une sérieuse envie de relire le livre (je vous avais parlé des trois enquêtes de Cormoran Strike ici). Cette série de la BBC est absolument parfaite et rarement j’ai été aussi enthousiasmée par une adaptation. Les deux personnages  principaux sont parfaitement interprétés par Tom Burke (pour lequel je confesse volontiers un crush monumental) et Holliday Granger me fait aimer Robin encore davantage. Il n’est pas facile d’adapter des romans aussi denses en respectivement 3 (pour le premier roman) et 2 (pour les deux autres) épisodes de cinquante-cinq minutes et pourtant, je trouve que le pari est plus que réussi. Les modifications et raccourcis nécessairement utilisés sont tous bien amenés et bien choisis et on retrouve vraiment l’atmosphère des romans. Une vraie réussite et un énorme coup de cœur.

…j’ai aimé lire le tag littéraire de Victoria sur les classiques et je suis d’ailleurs en train d’en faire un article pour la semaine prochaine.

Bon dimanche à vous !

Oui

Tout est comme avant, et pourtant aussi un peu différent. Une bague à la main gauche. Un changement de nom à venir, quand les démarches administratives seront bouclées. J’ai choisi de prendre son nom que je trouve si beau et puis, j’aime bien l’idée que nous allons partager une petite partie de notre identité sans avoir pour autant l’impression d’abandonner la mienne. Ce fut une jolie journée, simple et sans prétention. Nos familles réunies autour d’un bon repas et les conversations à bâtons rompus. Le vent et la mer pour respiration, le soleil après la pluie de la veille. Un bouquet de roses blanches. L’émotion au moment de dire oui.  Et puis, rentrer, se changer parce que j’ai un peu froid dans ma robe et manger des pizzas en profitant de nos proches. Ces mots inattendus et ces pensées touchantes, comme cette carte signée par tous mes collègues ou celle de cette petite dame âgée qui est devenue amie avec mes grands-parents. L’appréhension de revoir mes parents ensemble qui disparaît après les premiers instants un peu étranges, mais c’est la vie ça aussi. Une parenthèse de quelques jours au petit goût d’école buissonnière avant de retrouver notre vie ici, la même que celle que l’on a quitté quand nous n’étions pas encore mari et femme.

Nous voilà mariés. Plus qu’un aboutissement ou même une fin en soi, c’est une étape de plus dans notre vie à deux. On continue de s’aimer, de s’accompagner l’un l’autre, de se comprendre, de se challenger. On continue les compromis, les discussions, de tout se dire, oui, tout. On continue de rire comme des enfants, d’être complices et de se comprendre sans avoir besoin de mots. Il y a aura toujours nos balades le dimanche, notre goût commun pour Top Chef et les émissions de Stéphane Plaza, sa musique qui me fait râler juste pour l’embêter, nos petits plats. Bref, la vie qu’on continue de se construire, tout simplement. La même qu’avant en somme, juste avec le même nom sur la boîte aux lettres et deux alliances.

La parenthèse

C’était le premier soir. On a enfilé les baskets et on a marché pour aller voir la mer. La plage était presque déserte. Le sable encore un peu chaud sous mes pieds nus. Le ciel était rose, puis ocre, doré. Les vagues s’écrasaient devant nous. C’était un de ces moments parfaits. Ces moments de silence apaisant et confortable, de paix. Ces moments simples et entiers qu’on ne peut pas tout à fait raconter. Qu’on garde dans une petite boîte comme un trésor précieux. Alors, chaque soir ou presque, on a pris nos vélos et on a été voir le soleil se coucher sur la plage. On s’offrait parfois une gaufre au Nutella ou une glace. Je crois que jamais je ne me lasserai de ce spectacle. Du ciel qui se transforme, des vagues qui s’écrasent sur le sable. Le vent qui s’engouffre dans les cheveux. Ces couchers de soleil restent parmi les plus beaux sourires de cet été et de cette semaine sur la côte basque.

La sensation de liberté lors de nos balades à vélo. Découvrir, explorer, se promener. La mer et ses vagues impressionnantes. La côte sauvage. Les glaces dégustées en regardant le paysage. Déguster la meilleure pizza de ma vie (oui, rien que ça – si vous passez par Biarritz allez faire un tour chez Cibo vous ne le regretterez pas) et les meilleurs macarons (basques) de ma vie aussi (Maison Adam). Lire et profiter de la (longue) route pour dévorer un livre audio (Marie Vareille – Je peux très bien me passer de toi) doux et sucré comme un bonbon.  Faire des selfies en faisant des grimaces. Se tenir par la main. Profiter d’un wifi capricieux et d’une absence de 3G à l’étranger pour se déconnecter un peu des réseaux sociaux. Recharger les batteries avant de rentrer à la maison. Profiter du moment présent, tout simplement.

En été…

Cette semaine, j’ai lu & aimé l’article de Victoria dans lequel elle nous fait partager ses plaisirs de l’été et cela m’a donné envie d’en faire de même. Pourtant, je ne suis pas vraiment une fille de l’été. Je n’aime pas (trop) la chaleur, et dès que les températures dépassent les 30° je ne suis plus bonne à grand chose ! Une fille de l’automne, voire de l’hiver, voilà qui me ressemble davantage. Malgré tout, voici ce que j’aime en été…

Photo – Tim Marshall

– prendre le petit-déjeuner sur le balcon, quand il fait encore frais.

– les journées ensoleillées avec un vent rafraîchissant (25°, ma température idéale).

–  boire un Coca light bien frais ou une bière en terrasse après une belle balade.

– se baigner dans le Rhin – je ne suis pas du tout une bonne nageuse, mais aller se rafraîchir dans le Rhin, en pleine nature, fait partie de ce que je préfère en été ici.

-ouvrir tout grand les fenêtres le matin et le soir.

– les thés glacés maison – j’en fais de plus en plus car c’est très simple, délicieux et sain, du thé en vrac ou en sachet (je mets souvent deux sachets pour plus de goût), un peu de sucre, et je laisse infuser à froid (indispensable pour ne pas avoir un thé trop âcre) pendant plusieurs heures.

– aller se promener le soir, à la fraîche, à pied ou à vélo – cela fait plusieurs semaines que nous allons marcher presque chaque soir dans le quartier et c’est vraiment agréable d’autant plus que , bonus non négligeable, nous avons la chance de croiser beaucoup de chats adorables qui nous viennent nous voir !

– les salades composées et les tomates / mozzarella / basilic du balcon.

– le Mojito maison avec la menthe (toujours du balcon).

– rouler la fenêtre ouverte.

– les vacances, cette année ce sera la traditionnelle semaine en Vendée chez mes beaux-parents et la découverte du Pays-Basque : balades en vélo, glaces, restaurants, balades, baignades – une vraie parenthèse avant de reprendre.

– les glaces (de préférence dans un pot) – je me souviens encore de celles dégustées tous les jours à Arcachon, les meilleures de ma vie je crois.

– lire à l’ombre d’un arbre.

– les ciels roses d’été, quand le soleil se couche.

– les fruits d’été : pastèque, fraises, cerises, pêches, abricots, framboises…

– l’odeur de l’herbe coupée et de la lavande.

– la sensation que le temps ralentit un peu.

Les petits riens

Source

Quatre jours de pont au petit goût de vacances. Le soleil, des grillades au barbecue. Une balade entre Rhin et forêt de dix kilomètres et une bière fraîche dégustée sur le balcon. Le lac de Zürich et les belles maisons autour et se prendre à rêver tout haut « ah si on était riche… ». La première baignade dans le Rhin, enfin seulement les mollets. Le petit restaurant français caché au fond d’une ruelle de Constance. Les fraises et framboises avec du sucre (et parfois un peu de chantilly). Chanter « Galway Girl » à tue-tête. Le retour des salades composées midi et soir. Le guacamole maison dans le burger ou avec du saumon fumé ou tout simplement juste comme ça. Renouveler un peu la garde-robe fatiguée de l’été. Oser les shorts pour essayer de faire taire les complexes. Lire et acheter des livres. Dévorer le dernier Kate Morton en trois jours. Des jolies espadrilles chez Esprit. Les marinières. L’air frais quand on ouvre enfin les fenêtres le soir. L’odeur de la pluie d’orage. Acheter des plantes aromatiques (coriandre, basilic, ciboulette, thym, menthe) et de la lavande pour le balcon. Conduire la fenêtre ouverte. La limonade au citron. Le rose des ciels d’été. Craquer pour un nouveau mug parce que je n’ai pas pu résister à la phrase « Live, Love, Read ». Une orchidée blanche. Chercher un restaurant pour fêter nos quatre ans.

Avril

 

Crédit – Apeirophilia – Flickr

Chère Céline,

Tu as eu envie de recommencer un blog, une fois de plus. Tu ne sais pas encore si tu arriveras à écrire régulièrement, et pour être honnête, tu es un peu terrifiée par ce syndrome de la page blanche qui semble te hanter trop souvent. Et puis, ton manque de confiance en toi fait que parfois, quand tu lis les mots des autres, tu les trouves bien plus jolis et les tiens te paraissent si maladroits. Et puis, tu secoues la tête pour chasser ces petits nuages noirs. Parce que tu sais au fond que chacun a sa place, sa voix, et que la tienne ne vaut pas moins qu’une autre. Alors, tu respires, tu mets une jolie chanson qui te fait sourire, et tu écris.

Tu regardes par la fenêtre, il pleut, c’est comme ça depuis trois jours. Tu es un peu triste, car tu aurais aimé pouvoir profiter du soleil pour ta deuxième semaine de vacances. Tu repenses avec un pincement de nostalgie que la semaine d’avant, tu étais en Normandie. Tu souris en repensant à cette semaine où tu as ajouté de jolis moments à ta boîte de souvenirs. Tu penses à la complicité que tu partages avec ta mère, et tu te sens chanceuse aussi parce que tu sais que d’autres n’ont pas ta chance. C’était chouette de partager ces balades en ville avec elle, d’aller au restaurant, de boire du thé, de parler de sujets graves ou totalement futiles, de faire du shopping, de lui offrir cette dernière soirée dans votre crêperie fétiche. Ce n’était pas facile de repartir. Même si tu as retrouvé ta moitié, ta vie de l’autre côté de la frontière – et cette vie, tu l’aimes, tu es fière de ce que tu as accompli – tu ne peux pas empêcher les larmes de perler à tes yeux sur le quai de la gare et de ressentir le manque, la nostalgie aussi.

Tu penses beaucoup aussi, c’est ça quand tu as du temps à toi. Tu penses à l’avenir. Tu fais des projets, tu imagines des scénarios, tu crains parfois, tu espères aussi. Tu te sens bien plus sereine depuis que tu sais que tu auras un travail à mi-temps à l’école à la rentrée. Tu es fière aussi d’avoir réussi à te construire une petite carrière toute seule ici. Tu es reconnaissante aussi, parce que tu peux t’appuyer sur un roc solide et plein d’amour et de confiance en toi. Tu es heureuse. Tu es amoureuse et épanouie.

Tu te regardes dans le miroir d’un œil trop souvent critique, parfois encore trop exigeant. La bienveillance envers soi est un long chemin. Tu as encore quelques kilos à perdre pour te sentir mieux, mais tu sens que tu as repris le contrôle de ton corps un peu malmené par les hormones thyroïdiennes depuis deux ans. Tu trouves que ta cicatrice se voit encore bien trop, et comme la patience n’est pas ton point fort, tu attends avec impatience qu’elle ne soit plus qu’un lointain souvenir. Tu as coupé tes cheveux et tu sens très bien avec ce carré court, comme si tu t’étais un peu retrouvée, et puis ça te donne bonne mine te dit-on alors… Tu es ravie de voir des marinières un peu partout dans les magasins, et tu en as déjà ajouté deux à ta garde-robe.

Tu as renoué le fil d’une amitié abîmée, à distance. Elle te manquait, alors tu es heureuse d’avoir de nouveau ce lien entre vous. Malgré tout, tu restes un peu prudente. Le passé t’a appris que son mal-être pouvait être si envahissant, presque toxique. Elle ne va pas bien à nouveau et ça te rend tellement triste. Tu l’écoutes, tu l’encourages, tu la conseilles, mais tu n’as plus peur comme avant de lui dire quand tu penses qu’elle a tort. Tu aimerais tant qu’elle soit épanouie, heureuse. Que votre relation soit vraiment comme avant. Même si tu sais que ce n’est pas possible, car tu as changé, tu n’es plus la même, et puis elle aussi a changé. Tu aimerais qu’elle puisse elle aussi  enfin connaître le bonheur d’être aimée et d’aimer.

Quand tu as commencé à écrire cette lettre, tu t’es inspirée d’un chapitre du livre de Sara Bareilles et d’une de ses chansons. Cet hiver, tu as lu son livre que tu as beaucoup aimé. Tu as aimé la personne sincère, généreuse, honnête, qui se livre toujours avec pudeur et émotion à travers ses chansons et ses mots. Tu as été si touchée par ce chapitre dans lequel elle partage une série de lettres qu’elle écrit à elle-même à différents moments clés de sa vie que tu as eu envie à ton tour de t’essayer à cet exercice. Peut-être que tu continueras à t’écrire ainsi. En attendant, tu écoutes cette chanson.

 

Lost in translation

Je ne sais plus comment j’étais tombée sur cet article, mais je me souviens avoir lu à mon arrivée ici un article sur les différentes phases vécues lors d’une expatriation. Et puis, cet après-midi, alors que je suis déprimée, agacée, énervée, angoissée, un peu tout ça en même temps, j’ai repensé à cet article et tout est devenu plus clair. Je crois que je suis entrée dans la deuxième phase. Celle de la crise, du choc culturel, de l’incompréhension.

Là, maintenant, aujourd’hui, je donnerais tout pour revenir à notre vie d’avant, à ma vie d’avant, retrouver mes repères, mon boulot, mes collègues, ma famille. Pouvoir aller se balader dans les rues de Rouen et entrer dans les boutiques familières. Se faire un petit plaisir shopping, comme ça, pour rien, juste par envie. Ne pas se sentir en décalage, avoir l’impression de maîtriser la situation. Parce qu’en ce moment, je me sens perdue, et même un peu rejetée pour tout dire.

Et pourtant, rien de grave non. Juste des tracasseries administratives qui me font passer d’interlocuteur en interlocuteur et me pourrissent la vie. Et ces mots au téléphone qui font mal. Ces mots qui disent qu’on ne comprend pas bien ce que je fais ici, pourquoi je suis venue ici alors que nous ne sommes pas mariés et que je n’ai pas de travail pour être indépendante financièrement. On me dit l’inverse de ce qu’on m’a confirmé à maintes reprises en France. On me balade d’un endroit à un autre, on persiste à communiquer en dépit du bon sens et de la politesse dans une langue que je ne maîtrise pas alors qu’on me comprend suffisamment pour me répondre.

Je me sens un peu perdue ces derniers jours, comme perdue au milieu d’une foule, dans le brouhaha et le tumulte. Peut-être que je prends tout trop à cœur, que je suis trop sensible, sans doute oui. Mais là, aujourd’hui, maintenant, je donnerais tout pour retrouver notre vie en France. Je n’ai pas de regrets, non, juste de la nostalgie et disons-le, un peu le mal du pays.

Et puis, tout cela joue aussi sur mon moral, et parfois je craque, comme ça, pour rien. Dans ces moments-là je me déteste, j’aurais presque envie de me mettre des claques. Cette hypersensibilité couplée à mes hormones qui font le yo-yo avec mes problèmes de thyroïde n’arrangent rien. Ces fois où je prends les choses trop à cœur, où je réagis trop fort, où je m’énerve, où on dirait une petite fille qui fait un caprice. Je regrette rapidement, la sensation d’être injuste, d’avoir gâché un bon moment, et puis de devoir lui faire supporter cette partie de moi que je soigne, mais qui reviens me hanter encore.

Alors je me raccroche au positif, à ce qui me donne de la force. Parce que même si je n’ai pas un vrai travail, pas encore non, je ne suis pas restée les bras ballants à profiter de son salaire confortable et je continue chaque jour à chercher mieux, plus. Parce que quand je flanche, il est là pour m’épauler, me rassurer, me soutenir et que j’ai de la chance aussi. Je me dis que ça va s’arranger, oui.