L’inattendu

L’inattendu, c’est peut-être d’abord de me relire ici. Cette envie qui revient peu à peu de reprendre possession d’un espace virtuel me surprend moi-même tant l’inspiration semblait m’avoir désertée totalement. Et puis, j’ai eu envie d’essayer à nouveau. De prendre le temps et de réfléchir un peu au blog que j’avais envie d’écrire. Je me suis rendue compte que j’avais trop laissé la comparaison me jouer des tours, que j’avais trop voulu essayer de ressembler à des blogs que j’aime sans en avoir ni le temps, ni le talent ni même l’envie. En relisant mes anciennes notes (que j’ai rapatrié ici en passant), je me suis rappelée que j’aimais écrire sur un blog, et que ça me manquait. Que partager mon quotidien, mes états d’âme, mes pensées, mes envies, c’était ça que j’aimais le plus et tant pis si ce n’est pas ce qui plaît le plus aujourd’hui. Je me suis beaucoup retrouvée dans la note de Pauline la semaine dernière et la lire a aussi contribué à mon envie de revenir ici.

Source – Brodie Vissers

Alors, voilà, retissons le fil qui, j’espère, ne s’est pas trop rompu depuis deux mois entre mes mots et vous, les fidèles et patients lecteurs qui, peut-être, êtes toujours là. Cet été a été à la fois mouvementé, bouleversant, doux et lumineux. Il y a eu le déménagement dans l’appartement d’à côté, sans doute une des meilleures idées que nous ayons eu. Si j’appréciais notre ancien appartement, je commençais à en voir de plus en plus les limites et les défauts… tous corrigés dans le nouvel appartement : plus lumineux, plus grand, mieux conçu. Et puis, nous avons enfin pu investir dans des beaux meubles et de la décoration et c’est un vrai plaisir que de se créer enfin un chez-nous qui nous ressemble.

Pour nous, l’été rime aussi avec moments passés en famille. Partager notre quotidien ici avec ma mère, la faire découvrir toutes nos petites balades et nos coins favoris, papoter sur le balcon, lui faire découvrir nos burgers poulet / guacamole et les bagels en saumon. Passer du temps avec sa famille au bord de la mer. Se reposer, profiter tout simplement des vacances bien méritées. Et puis, une semaine en amoureux au Pays basque et je peux dire avec certitude que nous y retournerons car nous avons énormément aimé découvrir cette région. J’aurais envie de vous parler un peu plus de ces sourires de l’été dans une prochaine note, même si c’est déjà la rentrée.

Et puis, l’inattendu a pointé le bout de son nez au creux de l’été. J’ai dû demander le renouvellement de mon permis de séjour ici, et pour des raisons très compliquées sur lesquelles je ne reviendrai pas ici, il a été refusé. Alors, comme ça, même si on y pensait, mais pas pour tout de suite, on a décidé de se marier. Je n’ai jamais eu envie d’un grand mariage. Alors, en presque quinze jours, nous avons organisé notre mariage. La mairie, notre famille très proche, un restaurant et une promenade en bord de mer. J’ai acheté une jolie robe après des heures à écumer le net à la recherche de la perle rare : une robe courte, simple, élégante et à un prix raisonnable. Je me suis offert une paire d’escarpins LK Bennett et je dois dire que j’aime beaucoup l’idée de me marier avec, aux pieds, un côté Kate Middleton. On a été acheter nos alliances. Tout cela me paraît encore irréel, et pourtant, nous nous marions samedi, jour de mes trente-quatre ans. Je vais prendre son nom, l’appeler mon mari. C’est beau, c’est émouvant c’est un peu fou aussi pour des gens organisés comme nous qui aimons prendre le temps et réfléchir. Mais ça nous ressemble aussi, parce que quand la vie nous chamboule, on en ressort plus fort et plus unis.

Comme l’inattendu peut être joli parfois.

Un an sans thyroïde

Source

Notre histoire a vraiment commencé  il y a deux ans. On peut dire que, toi, ma thyroïde, tu avais bien choisi ton moment pour te manifester, quelques semaines avant mon déménagement pour la Suisse et ce changement de vie. Hasard, coïncidence ? Non, pas vraiment. Quand j’ai rencontré mon endocrinologue, il m’a demandé si j’avais eu des bouleversements ou du stress au moment du déclenchement de tout ça, et quand je lui ai raconté tout ce qui se passait à ce moment-là, il m’a interrompu en souriant en me disant que l’explication était toute trouvée. J’ai également un facteur héréditaire, ma grand-mère ayant eu elle aussi des problèmes de thyroïde.

Tout a commencé donc par une prise de sang de contrôle*. Je me sentais stressée, nerveuse, mais je mettais tout ça sur le compte du déménagement. Et puis, les résultats sont tombés. Hyperthyroïdie sévère. Ma thyroïde était en sur-régime et mon taux d’hormones était très bas, quasiment indétectable. Très vite, mon médecin généraliste a diagnostiqué une maladie auto-immune assez courante, la maladie de Basedow. Une maladie auto-immune, c’est une maladie générée par l’organisme face à ces propres tissus ou cellules, dans ce cas une auto-agression de l’organisme contre la glande thyroïde. Mes symptômes ? Je me sentais nerveuse, agitée. J’avais des palpitations (on m’a prescrit des médicaments qui ont fait rapidement disparaître ce symptôme) et, plus désagréable, des bouffées de chaleur très importantes. Je n’ai pas vraiment perdu de poids, en revanche j’avais plus faim et je mangeais davantage sans prendre de poids. On m’a prescrit un traitement pour faire remonter mon taux de TSH. Mais, on m’a aussi demandé de faire des examens supplémentaires.

Dont une échographie de la thyroïde. Et là, on m’a découvert un gros nodule (près de 4 cm) sur un lobe de ma thyroïde. Il a fallu le ponctionner pour analyse. Pour cette première analyse, j’ai eu de la chance car le radiologue était très doux et, si l’examen était désagréable, il n’a pas été douloureux. J’ai également dû passer une scintigraphie afin de voir le fonctionnement de ma thyroïde, et si mon nodule était chaud (donc dû à mon hyperthyroïdie) ou froid (donc sans lien avec ce dérèglement, le nodule peut alors se révéler cancéreux dans 5 à 10% des cas). Mon nodule s’est révélé froid. Le résultat de la ponction était un peu ambigu, sans signe de malignité mais pas totalement bénin non plus et il faut savoir que plus le nodule est gros, plus il est difficile de s’appuyer véritablement sur les résultats d’une ponction pour faire un diagnostic. Ce nodule, je l’avais sûrement depuis quelques années. Il a fallu que ma thyroïde décide de se réveiller pour que je le découvre. J’ai eu de la chance, quelque part. J’ai dû refaire une deuxième ponction. Ce fut une expérience désagréable, douloureuse, avec un médecin peu compatissant et qui m’a effrayé avec un compte-rendu incompréhensible pour moi, empli de jargon médical et de mots compliqués dont je n’ai retenu que les mots « cancer » et « opération ». Il s’avère tout simplement que c’est souvent difficile de déterminer avec certitude si un nodule volumineux est bénin ou non. Le résultat de cette deuxième ponction ? Échantillon non analysable. Tout ça pour ça.

Pendant ce temps, j’ai continué mon traitement et mon hyperthyroïdie a peu à peu disparu. Pas sans effets secondaires, car les hormones, ça chamboule un peu tout. J’ai connu les changements d’humeur, des coups de fatigue, des moments de déprime. J’ai pris du poids aussi, pas énormément, mais suffisamment pour avoir l’impression désagréable de ne plus vraiment contrôler son corps car, malgré une alimentation équilibrée et contrôlée, rien n’y faisait. La balance me narguait, je me sentais plus serrée dans mes vêtements et mal dans ma peau.

Et puis, au bout de plusieurs mois, il a été décidé qu’il était plus sage de m’opérer et de retirer totalement ma thyroïde. On m’a envoyé chez un grand spécialiste, un professeur réputé et spécialisé en cancérologie. Pourtant, je n’ai jamais voulu penser que mon nodule pouvait se révéler cancéreux. Je crois que je ne voulais pas me faire peur. L’opération était programmée, je l’attendais avec impatience. Sous anesthésie générale, près de deux heures d’opération. J’ai eu très mal au cou en raison de la position sur la table d’opération. J’ai eu du mal à supporter les drains de part et d’autre de ma gorge. Mais en dehors de ça, je me sentais bien.

Le contre-coup, je l’ai eu environ six semaines après l’opération. C’est classique visiblement, le temps que le corps évacue les hormones thyroïdiennes produites naturellement et comprenne que désormais, ça va fonctionner différemment. J’ai été très fatiguée, une fatigue particulière qui faisait que je me sentais fatiguée en me réveillant le matin, malgré huit à dix heures de sommeil. Parfois, dans la journée, une lassitude me tombait dessus, sans prévenir et je me sentais molle et sans énergie. Et mon nodule dans tout ça ? Il s’est avéré bénin. Pas de cancer. Rien. Le soulagement, je l’ai vraiment ressenti quand j’ai revu mon endocrinologue et qu’il m’a regardé avec surprise et soulagement en lisant mes résultats. « Vous avez eu de la chance, j’avais quand même un peu peur » m’a t-il dit.

Désormais, ma thyroïde, je vis sans toi. Comme des millions de personnes. Je prends chaque matin, à jeun, mon petit comprimé. Ce sera comme ça toute ma vie.

Reste à trouver le bon dosage. C’est en cours. En janvier, je suis allée faire un premier contrôle et les résultats étaient très mauvais. J’étais en hypothyroïdie assez importante. Après l’hyper, l’hypo. ! J’aurais tout connu avec toi décidément ! Je m’en doutais. Je me sentais faible, fatiguée, sans énergie, j’ai pris du poids (oui, encore). Alors, on tâtonne, on essaye. Aujourd’hui, j’attends, car il faut plusieurs mois pour voir si le traitement est adapté. Je me sens mieux. J’ai réussi à maigrir un peu, j’ai l’impression d’avoir repris le contrôle de mon corps et de mes émotions, je me sens moins fatiguée. Ma cicatrice disparaît peu à peu. Un an déjà depuis l’opération.

Les problèmes de thyroïde sont communs, répandus. Les symptômes ne sont souvent pas graves, mais pourtant peuvent être désagréables ou handicapants. Cette fatigue qui vous tombe dessus, les émotions exacerbées, se sentir fragile. Les variations de poids. Cette sensation que votre corps vous échappe, vous joue des tours. Et cette fragilité du dosage, qui peut convenir un moment et ne plus convenir quelques mois plus tard. J’avais envie de partager ça ici, parce que peut-être aussi que vous aussi, cela vous concerne et que vous avez envie d’en parler.

Tu vois ma chère thyroïde, tu as beau ne plus être là, toi et moi, on va continuer à vivre ensemble…

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* Quand on mesure les hormones thyroïdiennes, on utilise trois indicateurs principaux :

  • la TSH (thyréostimuline) l’hormone sécrétée par l’hypophyse. Cette hormone est importante car elle stimule la glande thyroïde pour qu’elle produise et libère les hormones thyroïdiennes.
  • les deux hormones thyroïdiennes (T3 et T4), indispensables au bon fonctionnement de notre métabolisme.

Lorsque le taux de la TSH augmente, les taux d’hormones thyroïdiennes diminuent, et vice-versa. Il y a donc deux grands cas de dérèglement de la thyroïde :

  • soit la TSH est basse : dans ce cas, la thyroïde fabrique trop d’hormones. C’est l’hyperthyroïdie.
  • soit la TSH est haute : dans ce cas, la thyroïde ne fabrique pas assez d’hormones, le corps fonctionne au ralenti. C’est l’hypothyroïdie.

Les petites victoires

Pour vous, mes petites victoires ne seront peut-être que des petits riens, des habitudes ancrées dans votre quotidien qui vous paraissent naturelles, banales. Pourtant, je crois qu’on en a tous. Des petits moments où on se dépasse, où on se fait peut-être un peu violence, où l’on combat les peurs bien ancrées. Où on se sent (un peu) fière au quotidien de ce que l’on a accompli.

Source

A vrai dire, cette note est partie d’un rien. Cette semaine, j’ai reçu deux robes que j’ai acheté chez Zalando de la marque Louche. Comme je ne suis pas du genre à poser devant un objectif et à vous faire partager ces robes portées par moi, je vous laisse quand même les liens ici & là si jamais mes achats vous intéressent. Bref, ces robes sont un peu différentes de ce que j’achète d’habitude, notamment par leurs imprimés un peu… flashy (?) (terme qui ne me convient pas tout à fait, mais à défaut d’un autre…) et quand je les ai essayées, j’ai cligné des yeux car j’avais un peu de mal à me reconnaître dans la glace. Et puis, je me suis trouvée bien dedans, et j’ai pensé que je tenais là une nouvelle petite victoire dans la quête longue et parfois difficile de l’acceptation de soi. Et puisqu’on parle d’acceptation de soi, c’est aussi pour moi acheter des shorts pour cet été, et tant pis pour mes cuisses que je déteste (oui, dans le top 5 de mes complexes, je crois bien que mes cuisses sont en pôle position). C’est donc (joliment) parée d’un short jaune et d’un short bleu à pois que je continue le combat contre mes complexes.

La transition peut prêter à sourire, mais parmi mes petites victoires personnelles, il y a celle de savoir dire non aux achats compulsifs (et donc de dire oui aux achats réfléchis qui font vraiment plaisir). J’ai longtemps été celle qui achetait pour « pas cher », parfois par impulsion, pour satisfaire une envie pressante et jamais vraiment réfléchie. Rarement, j’ai regretté ces achats car, le plus souvent, je portais ce que j’achetais, mais pourtant, j’ai fini par en avoir trop. Aujourd’hui, deux déménagements et un grand tri plus tard, je réfléchis avant d’acheter, et j’apprécie bien plus mes achats depuis qu’ils se sont raréfiés. Acheter moins, mais mieux est tellement plus gratifiant.

La petite victoire pour l’élève timide et angoissée que j’étais, notamment pendant les cours de langue, c’est de parler anglais au travail tous les jours depuis que nous sommes installés ici car dans mon école, la langue principalement parlée pendant les leçons et entre collègues est l’anglais. Pourtant, j’ai toujours aimé l’anglais, et sans prétention, je pense le lire, le comprendre, l’écrire plutôt bien. Mais j’ai toujours eu cette appréhension de le parler. Sacré défi donc que de devoir le pratiquer au quotidien au travail pour moi. Alors, bien sûr, je fais parfois des fautes, j’hésite, je bafouille, sous l’effet du stress notamment. Parfois, j’ai du mal à suivre quand les conversations s’entremêlent, mais malgré tout, j’ai la satisfaction d’avoir vaincu ma timidité et ma peur et de parler anglais plutôt bien. Peut-être que mon accent reste très imparfait, mais peu importe non ? Rien ne m’agace plus que ceux qui se moquent des accents des autres quand ils parlent une langue étrangère, qui font des remarques pointant les erreurs et maladresses. Essayer, faire un effort, c’est bien plus important non, et tant pis si ce n’est pas parfait. Faire preuve de bienveillance envers et soi et envers les autres.

Et puis, j’ai une (forte) tendance à la procrastination. Alors, quand je suis à jour dans ma liste de choses à faire, quand j’ai enfin accompli les démarches administratives que j’ai trop laissé traîner, je me sens tellement satisfaite et libérée que cela ne fait que m’encourager à ne pas tomber une fois de plus dans le piège de la procrastination ! Procrastination, paresse, deux faces de la même pièce de mes défauts. Alors, enfiler les baskets pour aller marcher une heure en forêt ou profiter des débuts de soirée d’été pour aller se promener le soir au lieu de rester devant les écrans, cela fait incontestablement partie de ces petites victoires sur moi-même et qui me donnent le sourire.

Vous aussi, vous en avez des petites victoires sur vous-mêmes ?

Avril

 

Crédit – Apeirophilia – Flickr

Chère Céline,

Tu as eu envie de recommencer un blog, une fois de plus. Tu ne sais pas encore si tu arriveras à écrire régulièrement, et pour être honnête, tu es un peu terrifiée par ce syndrome de la page blanche qui semble te hanter trop souvent. Et puis, ton manque de confiance en toi fait que parfois, quand tu lis les mots des autres, tu les trouves bien plus jolis et les tiens te paraissent si maladroits. Et puis, tu secoues la tête pour chasser ces petits nuages noirs. Parce que tu sais au fond que chacun a sa place, sa voix, et que la tienne ne vaut pas moins qu’une autre. Alors, tu respires, tu mets une jolie chanson qui te fait sourire, et tu écris.

Tu regardes par la fenêtre, il pleut, c’est comme ça depuis trois jours. Tu es un peu triste, car tu aurais aimé pouvoir profiter du soleil pour ta deuxième semaine de vacances. Tu repenses avec un pincement de nostalgie que la semaine d’avant, tu étais en Normandie. Tu souris en repensant à cette semaine où tu as ajouté de jolis moments à ta boîte de souvenirs. Tu penses à la complicité que tu partages avec ta mère, et tu te sens chanceuse aussi parce que tu sais que d’autres n’ont pas ta chance. C’était chouette de partager ces balades en ville avec elle, d’aller au restaurant, de boire du thé, de parler de sujets graves ou totalement futiles, de faire du shopping, de lui offrir cette dernière soirée dans votre crêperie fétiche. Ce n’était pas facile de repartir. Même si tu as retrouvé ta moitié, ta vie de l’autre côté de la frontière – et cette vie, tu l’aimes, tu es fière de ce que tu as accompli – tu ne peux pas empêcher les larmes de perler à tes yeux sur le quai de la gare et de ressentir le manque, la nostalgie aussi.

Tu penses beaucoup aussi, c’est ça quand tu as du temps à toi. Tu penses à l’avenir. Tu fais des projets, tu imagines des scénarios, tu crains parfois, tu espères aussi. Tu te sens bien plus sereine depuis que tu sais que tu auras un travail à mi-temps à l’école à la rentrée. Tu es fière aussi d’avoir réussi à te construire une petite carrière toute seule ici. Tu es reconnaissante aussi, parce que tu peux t’appuyer sur un roc solide et plein d’amour et de confiance en toi. Tu es heureuse. Tu es amoureuse et épanouie.

Tu te regardes dans le miroir d’un œil trop souvent critique, parfois encore trop exigeant. La bienveillance envers soi est un long chemin. Tu as encore quelques kilos à perdre pour te sentir mieux, mais tu sens que tu as repris le contrôle de ton corps un peu malmené par les hormones thyroïdiennes depuis deux ans. Tu trouves que ta cicatrice se voit encore bien trop, et comme la patience n’est pas ton point fort, tu attends avec impatience qu’elle ne soit plus qu’un lointain souvenir. Tu as coupé tes cheveux et tu sens très bien avec ce carré court, comme si tu t’étais un peu retrouvée, et puis ça te donne bonne mine te dit-on alors… Tu es ravie de voir des marinières un peu partout dans les magasins, et tu en as déjà ajouté deux à ta garde-robe.

Tu as renoué le fil d’une amitié abîmée, à distance. Elle te manquait, alors tu es heureuse d’avoir de nouveau ce lien entre vous. Malgré tout, tu restes un peu prudente. Le passé t’a appris que son mal-être pouvait être si envahissant, presque toxique. Elle ne va pas bien à nouveau et ça te rend tellement triste. Tu l’écoutes, tu l’encourages, tu la conseilles, mais tu n’as plus peur comme avant de lui dire quand tu penses qu’elle a tort. Tu aimerais tant qu’elle soit épanouie, heureuse. Que votre relation soit vraiment comme avant. Même si tu sais que ce n’est pas possible, car tu as changé, tu n’es plus la même, et puis elle aussi a changé. Tu aimerais qu’elle puisse elle aussi  enfin connaître le bonheur d’être aimée et d’aimer.

Quand tu as commencé à écrire cette lettre, tu t’es inspirée d’un chapitre du livre de Sara Bareilles et d’une de ses chansons. Cet hiver, tu as lu son livre que tu as beaucoup aimé. Tu as aimé la personne sincère, généreuse, honnête, qui se livre toujours avec pudeur et émotion à travers ses chansons et ses mots. Tu as été si touchée par ce chapitre dans lequel elle partage une série de lettres qu’elle écrit à elle-même à différents moments clés de sa vie que tu as eu envie à ton tour de t’essayer à cet exercice. Peut-être que tu continueras à t’écrire ainsi. En attendant, tu écoutes cette chanson.

 

Recommencer

Une page blanche à remplir. Un nouvel espace à créer. Et toujours cette question du comment (re)commencer. Et puis, je me suis souvenue d’une conversation sur Twitter entre deux blogueuses que j’aime énormément, Célie et Camille. La première suggérait une liste de j’aime pour inaugurer un nouveau blog et je me souviens avoir trouvé l’idée très chouette et je l’ai gardée dans un coin de tête en me disant « tiens, si un jour je retrouvais un peu l’inspiration pour poser à nouveau quelques mots sur la toile… ». J’ai aimé cette idée aussi parce qu’elle correspond assez bien à l’atmosphère que j’ai eu envie de recréer ici. Un espace simple, épuré, pour y consigner petits (et grands) sourires et bonheurs, plaisirs simples, envies, lectures, doutes et interrogations, escapades. La vie, ma vie, le plus simplement et le plus sincèrement possible. A celles qui me sont toujours fidèles, merci. A ceux qui me découvriront ici, bienvenue.

Crédit : Artem Kovalev – Unsplash

J’aime…

Les promenades au bord de l’eau. Il y a eu la Seine, la petite rivière que l’on voyait depuis notre canapé. Aujourd’hui, c’est le Rhin qui est le décor de mes promenades et respirations quotidiennes.

Lire. Tous les jours, ou presque. Lire ce qui me fait envie, sans rien s’interdire, sans snobisme ni barrières ni idées préconçues. Ce plaisir de lire m’accompagne depuis l’enfance, j’ai renoué avec il y a quelques années et aujourd’hui, lire fait partie de ces respirations-plaisirs indispensables.

La mer en hiver. Quand la plage est déserte, que le vent souffle et que l’on regarde les vagues emmitouflés avec une écharpe et un bonnet. L’air frais, pur, qui semble chasser un peu les pensées et remettre tout en perspective.

Découvrir. Enseigner. Transmettre. Partager. Cultiver la bienveillance et les sourires. La gentillesse, qui passe trop souvent pour une faiblesse mais qui est une force pour moi. Le plaisir simple des moments sans prétention et d’une vie calme.

La gourmandise d’une crêpe à la crème de marrons, celle de manger du Nutella à la cuillère. Boire des mugs de thé, tous les jours. Notamment du Earl Grey qui restera mon thé fétiche à jamais.

Les achats réfléchis-plaisir. Ne plus céder aux impulsions, savoir écouter le moindre doute et reposer le vêtement sur le rayonnage. Essayer de mieux consommer aussi.

Un joli rouge à lèvres. Un peu de maquillage. Sourire en se regardant dans la glace en se trouvant un peu jolie. Hausser les épaules en se disant que je ne serais jamais cette fille qui sait appliquer un trait d’eye-liner sur ses paupières qui resteront probablement vierges de ce trait noir pourtant si répandu.

L’odeur des draps propres. L’odeur du gazon juste tendu. L’odeur de mon parfum. L’odeur de son parfum. Son odeur sur l’oreiller.

Ecouter la radio en travaillant. Ecouter de la musique. Chanter à tue-tête parfois. Regarder des live de Sara Bareilles et se dire, toujours, qu’elle est tout simplement parfaite

Nos escapades en France. Strasbourg et l’Alsace. Revoir la Normandie. Les petits plaisirs simples comme celui de manger un vrai pain au chocolat ou d’entendre parler français.

Rêver, imaginer, penser. Rire. S’aimer et faire des projets.

La nouvelle année

Le 1er janvier 2017,  

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source – freestocks.org

Les yeux encore un peu fatigués par la nuit un peu courte et les coupes de champagne partagées en famille pour fêter l’année écouler et annoncer la nouvelle, je profite de ces instants de calme, de cet entre-deux du matin du premier jour de l’année pour renouer enfin avec les mots. Je n’ai jamais été très douée pour les résolutions de la nouvelle année, immanquablement remisées au fond d’un tiroir. La faute à mon inconstance, et puis, au quotidien que je laisse sans doute trop me diriger parfois.

Alors, le dernier jour de 2016, je suis allée dans cette papeterie de ma ville natale que j’aime tant (la papeterie et la ville d’ailleurs), et je me suis offert un bel agenda Moleskine à couverture souple rouge. Une page, un jour. Un beau stylo qui glisse sur le papier pour l’accompagner. Ecrire un peu chaque jour. Parfois beaucoup, parfois quelques mots, des petits riens, des questionnements existentiels. Et avec l’envie, aussi, derrière tout ça, d’insuffler un peu (il serait temps non ?!) un peu de régularité à cet espace dont je n’ai décidément pas envie de me passer.

Décembre a été froid, brumeux et les vacances et la respiration d’une escapade dans nos familles en France attendues avec chaque jour un peu plus d’impatience. Et enfin, la route, les kilomètres avalés, les noms et paysages familiers. Et ce ciel doré pour nous accompagner à la tombée de la nuit. Une première semaine de vacances-repos-allons voir la mer car elle n’est jamais aussi belle qu’en hiver. Et puis Rouen, si belle avec les lumières de Noël et ses quais aménagés. Revoir mes amies, boire un cocktail et rire. La pizzeria fétiche et les rues pavées. Notre 31 en famille et savourer ces moments-là. Déguster une galette avant de repartir. Profiter de mes parents. S’aimer et pencher ma tête sur son épaule ou caresser doucement sa main. Commencer le premier livre de 2017. S’aérer en forêt.

Et puis, malgré tout, essayer de tenir ces résolutions-là.

¤ Cultiver la bienveillance, encore et toujours. Et ne plus céder à la critique souvent trop facile.

¤ Développer ma créativité et nourrir mon inspiration.

¤ Insuffler plus de régularité, que ce soit dans le quotidien (et se débarrasser pour de bon de l’ennemie procrastination) ou dans l’écriture.

¤ Prendre soin de moi. En se mettant au sport, par exemple et en faisant régulièrement.

¤ S’apaiser.

Mais de tout, je me souviens…

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C’était un dimanche après-midi comme un autre, il faisait beau et on a décidé d’aller marcher en forêt. On parlait de tout et de rien, comme souvent, et puis, on a réalisé que ça faisait plus d’un an que je l’avais rejoint ici et que nous avions changé de vie. On a souri, et on s’est dit que nous étions fiers de nous. Je me suis sentie si légère en disant ces mots si rares chez moi. Je suis fière de nous. Je suis fière de moi.

Je ne suis pas quelqu’un qui a pour habitude de se faire des compliments, qui s’auto-congratule et qui a une solide confiance en soi. Au contraire même, je suis plutôt exigeante et critique envers moi-même. Je doute, je m’interroge, je laisse la peur me freiner et s’immiscer. Alors, ces cinq mots ont un sens, une substance. Ils sont rares, et d’autant plus précieux à mes yeux.

Je suis fière de moi. Fière de nos quinze premiers mois en terre étrangère. De ce que j’ai accompli, de ce que nous avons bâti ici, étape par étape. Quand j’ai annoncé mon départ, quand j’ai expliqué que oui, j’allais le rejoindre, que oui j’allais quitter mon travail, ma famille, mes habitudes, je sais que certains n’ont pas compris. Certains n’ont pas accepté mon choix, l’ont jugé, m’ont jugé. Peut-être que ça partait d’un bon sentiment, celui de vouloir que tout aille bien pour moi. Peut-être que ces personnes se sont inquiétées parce qu’elles tenaient à moi. Mais, je sais aussi que d’autres ont émis un jugement, ont pensé que je faisais une terrible erreur et ne m’ont pas offert le moindre soutien. J’en ai souffert. Aujourd’hui, si je suis fière de moi, c’est aussi en partie pour cette raison. Sans amertume ni supériorité ni jugement. Ou simplement en se disant que s’ils ont réagi ainsi, c’est peut-être qu’ils savaient au fond d’eux-mêmes qu’ils n’auraient pas être capables de partir ainsi et de tout recommencer ailleurs.

Parce que c’était courageux de partir. C’est courageux de changer de vie. Et c’est difficile. On tombe, on se fait mal, on a peur, on a des doutes, on se sent perdu. Parfois, on le regrette même. Mais partir m’a fait grandir. Mûrir. Muer. M’affirmer. Je suis plus forte, je me sens plus solide. J’ai changé. Je me retourne et je regarde la petite fille un peu terrorisée que j’ai laissé de l’autre côté de la frontière avec un sourire nostalgique et le sentiment d’avoir eu raison.

Je suis fière de nous, d’avoir su préserver et faire grandir notre couple malgré la distance et l’expatriation. Je suis fière d’avoir réussi, en une année, à me reconstruire ici. Je suis fière d’avoir un travail qui me plaît, dans lequel je m’épanouis, et qui me permet de retrouver peu à peu une petite indépendance financière. Je suis fière d’avoir su m’adapter à un environnement totalement étranger. Fière et heureuse de prendre plaisir à enseigner le français et de savoir que mes compétences sont appréciées et reconnues. Fière de ce nouveau chapitre, de ces nouvelles rencontres qui m’enrichissent.

Rien n’est parfait, ni achevé. Le chemin est encore long. Notre vie ici n’est encore qu’une ébauche. Il reste tant à faire. La barrière de la langue encore trop présente, les relations qui se nouent encore difficilement. Continuer à avancer, à progresser. Mais, ça, c’est la vie non ? Changer, évoluer, se remettre en question, avancer, progresser, tomber, parfois, mais toujours se relever. Se respecter, s’écouter, découvrir, apprendre. Savourer les petites et les grandes victoires. Etre fière de soi et des autres. S’aimer.

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Toc, toc

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Deux mois sans t’avoir écrit ici. Je pourrais te dire que c’est par manque de temps, mais ça serait te mentir et s’il y a bien une règle que je me suis fixée quand j’ai commencé à bloguer il y a plus de dix ans, c’est bien celle de toujours te dire la vérité. La vérité, c’est que je n’avais pas envie d’écrire, ou que je ne savais pas trop quoi écrire. Ou comment l’écrire. La vérité, c’est que je me suis demandée si j’allais vraiment revenir. Je me le demande toujours un peu d’ailleurs.

Alors, aujourd’hui, je suis là. J’entrebâille la porte, je marche sur la pointe des pieds, un peu timidement. Après de jolies vacances en France, la mer, la Bretagne, quelques balades en Suisse et mes premières baignades dans le Rhin. Un regard sur le calendrier et cela fait déjà un an que je suis ici. Et je me sens tellement mieux que l’an dernier à la même époque, et j’ai aussi envie de revenir pour t’en parler. Une prochaine fois.

Et ces deux mois de silence alors ? Il y a eu la semaine en Bretagne et cette sensation si agréable de lui faire découvrir les endroits que j’aime tant. Se rappeler ces vacances il y a plusieurs années où je me disais que j’aimerais revenir avec mon amoureux, et ce petit frisson qui traverse le corps à l’idée que ça y est, c’est fait. La première soirée, le cidre, une galette de sarrasin aux St Jacques et le coucher du soleil. La côte de granit rose et ses paysages qui m’apaisent toujours autant. Les randonnées qui rendent les jambes endolories, mais font sourire de satisfaction. Une balade pluvieuse en bateau et une île inhabitée entourée de brouillard. Profiter de la France, de nos familles, manger des bonnes choses, rire, faire des photos, aller à la Rochelle. Et puis, le retour en Suisse et la découverte de Lucerne, peut-être que je t’en reparlerais aussi.

J’ai repris le travail, et je prends de plus en plus de plaisir à donner mes cours de français. Pour la première fois, j’ai des élèves de neuf-dix ans et j’adore ce public spontané, enthousiaste et les entendre balbutier des « bonjour, je m’appelle » avec leurs petits accents étrangers. Je travaille plus que l’an dernier, et j’en suis très heureuse.

Et puis, il y a tous ces petits riens. Je me suis enfin décidée à regarder Gilmore Girls et c’est très chouette de faire un tour à Stars Hollow un peu chaque jour.  Et comme je suis un mouton, voir Lorelai et Rory boire des mugs énormes de café m’a donné envie de boire à nouveau un café de temps en temps. J’ai du mal à ouvrir un livre depuis le retour des vacances, et c’est mal. Pendant l’été, j’ai enchaîné les romances légères de chick-litt et maintenant, je ne sais pas ce que j’ai envie de lire. Alors, j’attends que l’envie revienne. J’ai eu un an de plus et de très chouettes cadeaux. J’ai découvert le bonheur de se rafraîchir dans le Rhin, et nos après-midi baignade / bronzage au bord du fleuve vont me manquer quand l’automne aura pointé le bout de son nez.

Septembre est là, je suis là, j’attends l’automne, et tout va plutôt bien. Et toi, comment vas-tu ?

source @helenkorpak

L’odeur des pivoines

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Une jolie surprise qui toque à la porte, et mon regard surpris aux larmes de voir des fleurs m’être livrées. Le cœur qui sursaute en lisant la carte. L’odeur des pivoines qui font oublier celle de l’hôpital et qui fait flotter un air de printemps ensoleillé dans la chambre.

Le plaisir infini de l’eau chaude qui coule sur les épaules endolories.D’une bouillotte qui détend les muscles mis à mal par l’opération.

Sa présence, son attention, ses gestes. Savoir qu’il est là, que je peux me reposer sur lui, que je ne suis pas seule, mais aimée, entourée, épaulée.

Les messages de soutien, pour savoir comment je vais, qui étonnent parfois tant on ne les attendait pas. Comme le mail de cette maman d’élève. Votre présence, votre réconfort. Et ma mère, au bout du fil, si loin, mais si proche, quand des larmes de fatigue coulent sur mes joues et qu’elle me rassure avec sa douceur et ses mots.

Le croissant dégusté avec un thé bien chaud sur l’aire d’autoroute sur la route du retour pour reprendre des forces, et le plaisir de retrouver ce goût français qui me manque trop souvent.

Rentrer chez soi, et retrouver son lit douillet après quatre jours d’hôpital. Enfiler une tenue confortable, legging et tee shirt large devenus l’uniforme de ces jours à la maison.

Un gommage corps tout doux de chez Avène. Mettre un peu de fond de teint pour atténuer les marques de fatigue et peindre à nouveau ses ongles en rouge. Regarder dans le miroir et aimer les reflets bruns-roux qui apparaissent çà et là et qui n’attendent que le soleil pour se révéler encore davantage.

Prendre le temps, s’écouter, se reposer, lire quelques pages, feuilleter des revues et découvrir des articles qui font sourire. Les mots de Célie dans Simple Things. Cet article de Flow sur ma librairie fétiche à Rouen.

Remplir des listes de livres à lire, toujours et encore. Commencer un nouveau roman, le dix-huitième de l’année et choisir un livre un peu léger pour ces journées de convalescence « Un doux pardon » de Lori Nelson Spielman.

Retrouver le plaisir de lire des blogs avec mon mug de thé ce matin. Lire les jolis mots sur la toile, et réorganiser un peu les flux de mes blogs fétiches pour en ajouter d’autres au fil des clics.

S’offrir une petite sieste après manger, sans culpabiliser, et sentir son corps se détendre peu à peu.

Les tomates-mozzarella-basilic, avec quelques tranches de jambon fumé, huile d’olive et vinaigre balsamique, comme un avant-goût de vacances.

Ce joli plateau qui me plairait beaucoup. Ce mug aussi, d’ailleurs.

Commencer à regarder Outlander et s’émerveiller devant les paysages écossais, l’esthétisme et l’atmosphère qui se dégagent de cette série. Savourer doucement les épisodes les uns après les autres. Et rêver encore plus d’un road-trip en Ecosse.

Le soleil qui fait quelques apparitions longtemps attendues et le sentir réchauffer mes joues quand je m’installe quelques instants sur le balcon.

Un vendredi encerclé dans le calendrier, et un anniversaire. Celui de nos trois ans, c’est si peu et tant à la fois.

Image : Annie Spratt 

Derrière mes silences

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Derrière mes silences, il y a une introvertie qui préfère les petits groupes aux grandes tablées, les soirées simples et calmes aux beuveries endiablées. Qui aime se réfugier derrière un livre ou devant une série. Qui aime les soirées à deux, rien qu’à nous. Les sorties en petit comité, les amitiés moins nombreuses, mais plus sincères. Au fond, je suis toujours celle qui ne se sent jamais vraiment très à l’aise dans les grandes tablées, les groupes élargis, qui reste silencieuse quand les autres parlent si fort lors des repas de famille. Cette introversion, je l’ai trop longtemps porté comme un fardeau, elle m’a trop souvent gâchée la vie à l’adolescence et dans la vingtaine. Aujourd’hui, je l’ai apprivoisé, elle fait partie de moi. Me définit, en fait peut-être ma force. Elle fait de moi ce que je suis, tout simplement. Une fille simple, discrète et calme.

Derrière mes silences, il y a mes angoisses, mes peurs, mes moments de blues. Qu’il sait si bien les déceler, comme s’il lisait en moi, parce qu’il me connaît par cœur. Ces silences l’agacent, parfois. Lui qui dis les choses, toujours, qui n’évite pas les mots, les discussions, qui ne tait ni ne cache rien. C’est une des choses que j’aime le plus chez lui je crois. Parce que j’ai trop souffert et trop vu souffrir ma mère des silences de mon père. Alors, j’apprends à parler, à mettre des mots sur mes tourbillons intérieurs. Même si je sais que je serais toujours un peu fille-éponge, qui adsorbe, qui retient, et puis qui relâche tout.

Derrière mes silences, il y a quelque fois aussi ma peur du conflit, celle qui préfère éviter la confrontation, les mots durs. Bien souvent, je préfère me taire plutôt que de critiquer, de remettre quelqu’un à sa place, de lui dire que ce qu’il ou elle dit me semble stupide, que je ne suis simplement pas d’accord. C’est sans doute un peu lâche. Mais je préfère bien souvent ignorer que confronter.

Derrière mes silences, il y a mon manque d’inspiration, cette page blanche qui me nargue trop souvent. Ces mots que je trouve si beaux ailleurs et qui me font paraître les miens bien fades. Parfois, tout simplement, le manque d’envie, de temps aussi. Le manque de confiance aussi, qui paralyse, freine. L’impression de n’être pas assez, pas suffisamment. Hésiter, douter. Et préférer alors se taire.

Et puis, il y a les silences confortables, rassurants. Ceux de l’intimité partagée, du confort, de l’amour solide. Les moments qui n’ont pas besoin de mots pour être vus, vécus, savourés. Ne suffisent alors que des regards complices, des sourires, des mains entrelacées. Ces silences-là, je les savoure.

Et vous, que se cache-t-il derrière vos silences ? 

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